Brésil : les centrales syndicales manifestent

Une marionnette à l’effigie de Dilma Rousseff a été déployée dans une des manifestations à São
Photo: Agence France-Presse (photo) Nelson Almeida Une marionnette à l’effigie de Dilma Rousseff a été déployée dans une des manifestations à São

Rio de Janeiro — Une cinquantaine de routes du Brésil ont été bloquées et les transports en commun partiellement paralysés jeudi à l’appel des centrales syndicales dans le cadre d’une « journée nationale de luttes » avec plusieurs manifestations pacifiques, les premières depuis la fronde sociale qui a secoué le pays en juin.


Les cinq grands syndicats ont manifesté côte à côte pour la première fois et ont réclamé la réduction de la semaine de travail à 40 heures (contre 44 heures aujourd’hui) notamment. Ils ont repris aussi certaines des revendications des manifestions de juin, qui se voulaient apolitiques, comme l’amélioration des services publics et plus d’investissements dans l’éducation.


Jeudi, les syndicats étaient divisés quant à leur soutien au gouvernement de la présidente de gauche, Dilma Rousseff, certains affichant leur opposition comme Force syndicale (FS), réclamant un changement dans l’équipe économique.


Les manifestations, les plus importantes à São Paulo, mégapole de 20 millions d’habitants, cherchent à « renforcer les revendications qui sont déjà en discussion à la table de négociation avec les syndicats. Nous allons trouver une solution de conciliation », a déclaré le ministre du travail, Manoel Dias.


Parmi les manifestants de l’avenue Paulista, la principale de São Paulo, Rosely Paschetti, 49 ans, brandissait une banderole avec l’inscription « plus d’impôts pour les riches, moins pour les pauvres ». « Je suis employée municipale à São Paulo et je suis là parce qu’il y a une crise dans les secteurs de la santé et l’éducation. Il faut changer cela », a-t-elle dit.


À São Paulo, 29 terminaux d’autobus ont été bloqués, mais trains et métros ont fonctionné normalement. À São José dos Campos, où se trouve le siège de l’avionneur Embraer, 15 000 métallurgistes ont manifesté.


Dans d’autres grandes villes comme à Salvador de Bahia, Porto Alegre, Belo Horizonte, Brasilia, Curitiba, Florianopolis ou Manaus, les transports en commun étaient également à l’arrêt. Plusieurs écoles ont fermé leurs portes et certains hôpitaux ne traitaient que les urgences.


Une grève des dockers du port de Santos, près de São Paulo, le plus grand d’Amérique latine, qui a paralysé provisoirement mercredi toutes ses activités, s’est poursuivie jeudi.


À Rio de Janeiro, les transports en commun ont fonctionné normalement à l’appel des syndicats, l’objectif étant de permettre à la population de venir manifester dans le centre-ville en fin d’après-midi. Plus de 2500 manifestants, ouvriers et professeurs en majorité, ont défilé dans l’avenue Rio Branco.


Seule la Centrale unique des travailleurs (CUT), le plus important des syndicats, défendait le référendum voulu par la présidente, comme réponse à la rue, pour une grande réforme politique.

1 commentaire
  • André Michaud - Inscrit 12 juillet 2013 10 h 49

    Solutions concrètes?

    C'est bien beau de demander de meilleurs services et éducation, mais y a t'il des plans concrets et réalistes à proposer, à partir desquels discuter?