La révolte sociale au Brésil, une vague qui pourrait remonter

Une scène dans les rues de Rio de Janeiro, le 20 juin dernier
Photo: Victor R. Caivano Associated Press Une scène dans les rues de Rio de Janeiro, le 20 juin dernier

La révolte sociale au Brésil, née de l’indignation contre le mauvais état des services publics et la corruption politique, a nettement baissé en intensité mais pourrait resurgir cycliquement comme une « vague qui monte et qui descend », selon des analystes brésiliens.

«Cette vague roulera tant que la population se mobilisera pour des questions sociales», affirme Paulo Henrique Martins, président de l’Association latino-américaine de sociologie.


Les manifestations ont commencé timidement il y a trois semaines et ont pris de l’ampleur pour culminer le 20 juin avec plus d’un million de personnes dans les rues des principales villes du pays, en pleine Coupe des Confédérations de football.


Si le nombre de manifestants a largement diminué depuis, il reste des foyers de révolte, avec par exemple les camionneurs qui ont bloqué en ce début de semaine des routes dans tout le pays, ou les manifestations de médecins mercredi.


La venue du pape François à Rio de Janeiro à l’occasion des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) du 22 au 28 juillet, pour lesquelles quelque deux millions de personnes sont attendues, pourrait inciter les protestataires à se manifester de nouveau. D’un autre côté, le mois de juillet est celui des vacances.


La population est désormais consciente qu’exprimer son indignation et demander des comptes au gouvernement est « possible et efficace », affirme l’anthropologue Alba Zaluar, de l’Université publique de Rio. Et « elle a montré le pouvoir du peuple » aux politiques désormais plus « prudents ».


« Il va y avoir maintenant un temps d’attente, pour voir ce qui se passe, et si la réponse de la classe politique ne s’avérait pas à la hauteur, les manifestations reprendraient, même si elles ne devaient pas avoir autant d’intensité » qu’auparavant.


La présidente Dilma Rousseff, dont la popularité a chuté de 27 points pour tomber à 30 % au terme des trois semaines de manifestations, selon l’institut de sondages Datafolha, a réagi aux manifestations en demandant notamment au Parlement de d’organiser un référendum portant sur une réforme politique.


« Si le gouvernement arrive à donner à la vague de mobilisations un débouché en termes de politiques publiques, il pourra s’en servir pour la réélection de la présidente » en octobre 2014, estime Paulo Henrique Martins.


Mais il reste beaucoup de travail, au vu des scandales qui agitent un Parlement dont de nombreux membres sont accusés ou condamnés pour divers délits.

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