Scènes de chaos au Brésil

Rio de Janeiro — Des dizaines de milliers de Brésiliens ont manifesté lundi dans tout le Brésil, notamment à Rio de Janeiro où de violents affrontements ont éclaté dans la soirée entre un groupe de manifestants et la police.


Dans la capitale Brasília, des milliers de jeunes étaient toujours massés pacifiquement aux portes du parlement après des heures de manifestation.


Jets de cocktails molotov ou de noix de coco contre les policiers ripostant par des tirs de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc, policier roué de coups au sol, voiture retournée et incendiée, magasins pillés : le centre de Rio a été le théâtre de scènes de guérilla urbaine, selon des journalistes et photographes de l’AFP.


Quelque 100 000 manifestants selon les derniers chiffres de la police, la plupart des jeunes, ont d’abord défilé pacifiquement pour protester contre la hausse des tarifs des transports publics et les dépenses somptuaires engagées pour l’organisation du Mondial-2014 de football.


Elle a dégénéré à la nuit tombée. Un groupe de quelques dizaines de manifestants violents a pris d’assaut le parlement de l’État de Rio, tandis que le gros de la manifestation restait pacifiquement massé devant le Théâtre municipal. Cinq policiers ont été blessés selon un communiqué.


Les policiers ont riposté par des tirs de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc. Ils ont effectué quelques tirs de sommation en l’air à balles réelles, selon un photographe de l’AFP.


À São Paulo, la capitale économique du pays, plus de 60 000 manifestants selon l’institut Data Folha ont défilé sans incident, selon une journaliste de l’AFP. Dans la soirée, l’immense avenue Paulista du centre de cette mégapole de 20 millions d’habitants était noire de monde et la circulation bloquée dans les deux sens.

3 commentaires
  • David Autret - Inscrit 18 juin 2013 00 h 35

    Journée historique

    Au lieu du soccer, c'est une journée historique. Du carburant pour les optimististes. Bien plus que le prix des transports.
    Só o começo?
    Breton72

  • David Autret - Inscrit 18 juin 2013 00 h 55

    Journalisme?

    J'avais commenté sans avoir lu. Quelle erreur. Cette article est un cas d'école dé dépêche écrite trop vite qui desinforme au lieu d'informer.
    Les scènes de violence ont été tellement infimes à côté du gros des manifestations.
    Breton72

  • Robert Séguin - Inscrit 18 juin 2013 11 h 11

    Témoin

    Je suis d'accord avec monsieur Autret : l'article ne rend absolument pas compte des événements.

    Je suis à Porto Alegre, là où un mouvement social sans précédent au Brésil à vu le jour il y a environ six semaines. Dans ce pays - où le taux d'analphabètisme grimpe jusqu'à 20 % dans certaines régions, où des millions de personnes ne mangent pas à leur faim et vivent dans des conditions inimaginables pour la plupart des montréalais ( l'expérience qui parle ), sont entassés dans des bidon-villes, meurent en attente de soins de santé - dans ce pays, donc, on développe l'économie avec la recette néo-libérale que l'on connait.

    Oui, il s'agit d'une économie émergente. Il s'agit aussi d'un des pires pays en ce qui à trait à l'égalité des revenus. Disons que la coupe du monde ( la plus chère de l'histoire ) et les jeux olympiques ne représentent pas un investissement valable aux yeux de ce peuple dont une génération seulement sépare de la dictature militaire.

    Ces manifestations se sont tenues dans plus de 40 villes du pays ; dans quelques 40 autres à travers le monde ( la diaspora brésilienne est présente partout ). Pour la plupart des brésiliens, ces manifestations étaient inespérées et représentent un éveil social rêvé. À Brasilia, hier soir, les gens se sont appropriés le congrès : dedans, devant et dessus. Il y avait des gens partout.

    À Porto Alegre, la mairie et les compagnies de transport public ( compagnies privées ) se sont entendus pour augmenter - encore une fois - un passage qu'un tribunal de justice avait déjà jugé trop élevé. Les gens sont sortis dans la rue massivement et en moins d'une semaine, le passage revenait à sont niveau de départ. Depuis des décénnies que cela ne s'était pas vu : un mouvement social - et qui rapporte.

    Hier soir, sur les affiches des manifestants de Rio et de Sao Paulo, on pouvait lire : « vamos fazer um outro Porto Alegre ». « Faisons un autre Porto Alegre ».