Hugo Chávez 1954-2013 - L’Amérique latine pleure El comandante

Des partisans émus d’Hugo Chávez se sont rassemblés mardi devant l’hôpital militaire où est décédé le président vénézuélien. Des manifestations spontanées ont éclatées, notamment à Caracas.
Photo: Agence France-Presse (photo) Juan Barreto Des partisans émus d’Hugo Chávez se sont rassemblés mardi devant l’hôpital militaire où est décédé le président vénézuélien. Des manifestations spontanées ont éclatées, notamment à Caracas.

Caracas — Le président vénézuélien Hugo Chávez est décédé mardi à Caracas à 58 ans des suites d’un cancer diagnostiqué en juin 2011, sans avoir pu prendre congé de ses compatriotes, mettant un point final à 14 années de pouvoir sans partage et ouvrant la voie à des élections anticipées d’ici 30 jours.

« Nous avons reçu l’information la plus éprouvante et la plus tragique que nous puissions annoncer à notre peuple. À 16 h 25 aujourd’hui [lundi] 5 mars, est mort notre commandant président Hugo Chávez Frias après avoir combattu avec acharnement contre une maladie depuis près de deux ans », a déclaré dans une allocution retransmise par toutes les chaînes de télévision du pays le vice-président et héritier désigné, Nicolas Maduro, au bord des larmes.


Les autorités ont décrété sept jours de deuil. Des funérailles nationales sont prévues vendredi. Peu après cette annonce, la capitale Caracas a plongé dans le silence. De nombreux commerces et l’ensemble des transports publics ont immédiatement cessé de fonctionner alors que des centaines de partisans du « comandante », visiblement incrédules, sont spontanément sortis dans la rue.


Devant l’hôpital militaire de Caracas où il était soigné, plusieurs centaines de personnes ont improvisé une manifestation, brandissant des portraits du président et chantant des slogans à sa gloire. « Chávez au panthéon ! », « Nous sommes tous Chávez ! », scandaient certains.


Dès l’annonce du décès, plusieurs capitales latino-américaines commençaient à saluer la mémoire du président défunt, Brasília (Brésil) évoquant notamment « la perte d’un ami » qui « va laisser un grand vide dans l’histoire et dans les luttes de l’Amérique latine ». Le président péruvien Ollanta Humala a fait part de sa « profonde douleur » et envoyé ses condoléances à la famille et « au peuple frère vénézuélien. » La Colombie a exprimé sa « profonde tristesse », rappelant qu’il avait apporté un soutien important pour le processus de paix avec la guérilla des FARC.


L’armée déployée


Les Cubains ont appris avec consternation et inquiétude la mort du président, le principal allié politique et économique du régime communiste. Les médias, tous sous contrôle des autorités, ont rapidement rapporté sur leurs sites Internet l’intervention du vice-président vénézuélien. Mais le régime n’avait toujours pas commenté le décès en début de soirée mardi


Appelant la population au calme, M. Maduro a annoncé que « toute la Force armée nationale bolivarienne [et] la police nationale bolivarienne » étaient « en train de se déployer […] pour accompagner et protéger notre peuple et garantir la paix ».


Peu après, le ministre de la Défense Diego Molero, accompagné de plusieurs hauts gradés, s’est efforcé de rassurer les Vénézuéliens en indiquant que les forces armées restaient « unies pour respecter et faire respecter la Constitution ».


M. Maduro, 50 ans, devrait être le candidat du Parti socialiste au pouvoir pour la présidentielle dont l’organisation doit intervenir dans les 30 jours. Il sera probablement opposé au gouverneur Henrique Capriles, 40 ans, honorablement battu par Hugo Chávez en octobre. Capriles a appelé les Vénézuéliens à « l’unité » après la mort du président et assuré de sa « solidarité » la famille du président sur son compte Twitter.


Crise diplomatique


Le président Barack Obama a affirmé que les États-Unis soutenaient les Vénézuéliens. Il a dit espérer des « relations constructives » avec le futur gouvernement. « Au moment où le Venezuela entame un nouveau chapitre de son histoire, les États-Unis continuent à soutenir des politiques qui soutiennent les principes démocratiques, l’État de droit et le respect des droits de l’homme », a-t-il conclu.


Plus tôt dans la journée, le Venezuela a expulsé deux attachés militaires américains, dont l’un a été accusé par le vice-président Maduro d’avoir cherché à contacter des militaires pour « leur proposer des projets déstabilisateurs ».


M. Maduro a aussi accusé les « ennemis » du pays d’avoir provoqué le cancer du président, affirmant qu’il « arrivera un moment dans l’Histoire où nous pourrons créer une commission scientifique [qui révélera] que le commandant Chávez a été attaqué avec cette maladie», a-t-il déclaré. Les États-Unis ont qualifié ces accusations d’« absurdes ».


Le premier ministre Stephen Harper a offert ses condoléances, soulignant que le décès de Chávez ouvre une période de transition qui doit leur permettre d’accéder à « un avenir meilleur et plus prometteur ».


Avec l’Associated Press

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