Duvalier comparaît devant la justice haïtienne

Port-au-Prince, Haïti — L'ancien dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier s'est finalement présenté devant la justice de son pays, jeudi, après avoir ignoré trois précédentes convocations dans le cadre d'une audience qui doit déterminer s'il fera face à des accusations de violation des droits de la personne pendant son régime brutal, de 1971 à 1986.

Des dizaines de partisans ont applaudi lorsque «Bébé Doc» est apparu devant la cour, vêtu d'un costume bleu marine et d'une cravate grise. Il s'est ensuite assis devant les trois juges, à côté de ses avocats et de sa compagne de longue date, Véronique Roy, qui n'a pas enlevé ses verres fumés durant l'audience.

Les citoyens qui espèrent voir Duvalier poursuivi en justice ont souri en le voyant arriver, tandis que d'autres ont applaudi.

Un porte-parole de Human Rights Watch, Reed Brody, a indiqué que l'audience était «une importante victoire pour les victimes de Duvalier, qui n'ont jamais abandonné l'espoir de le voir en cour, ainsi que pour le peuple haïtien, qui a le droit de savoir ce qui s'est passé durant les années sombres de la dictature de Duvalier».

L'audience a commencé par un débat sur les procédures judiciaires. Les avocats de l'ancien dictateur ont réclamé une audience à huis clos, ce que les juges ont accepté. Mais l'audience a continué de se dérouler publiquement en début d'après-midi.

La salle du tribunal était bondée de journalistes, d'observateurs et de partisans de Duvalier. Mais la foule est restée généralement calme, contrairement aux deux précédentes audiences auxquelles l'ancien dictateur n'a pas assisté.

Jean-Claude Duvalier avait précédemment ignoré trois convocations de la justice dans cette affaire.

Le cas Duvalier semblait avoir été abandonné jusqu'à ce qu'il se retrouve devant la cour d'appel en janvier. Un juge de première instance avait statué, en 2012, que Duvalier ne devrait faire face qu'à des accusations de crimes financiers.

Jean-Claude Duvalier est revenu en Haïti au début de 2011 après 25 ans d'exil en France. Durant son absence, il est resté plutôt discret, à l'exception d'une allocution radiophonique diffusée en septembre 2007, dans laquelle il s'était excusé pour les fautes commises sous son règne.

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