La blogueuse dissidente cubaine Yoani Sanchez entame une tournée internationale

Yoani Sanchez, à gauche, faisait ses adieux à ses nièces Yilianis, à gauche, et Elianis Diaz, avant de quitter Cuba pour se rendre au Brésil.
Photo: La Presse canadienne (photo) Franklin Reyes Yoani Sanchez, à gauche, faisait ses adieux à ses nièces Yilianis, à gauche, et Elianis Diaz, avant de quitter Cuba pour se rendre au Brésil.

Feira de Santana, Brésil — L'une des dissidentes cubaines les plus connues à l'étranger est arrivée lundi au Brésil, la première escale d'une tournée de trois mois qui la conduira dans plusieurs pays d'Amérique du Sud, aux États-Unis et en Europe.

La blogueuse Yoani Sanchez a entamé son premier voyage à l'étranger en près d'une décennie, après s'être fait refuser le permis de sortie cubain à vingt reprises au fil des ans.

Elle était rayonnante à son arrivée lundi dans l'État de Bahia, dans le nord-est du Brésil, savourant sa célébrité acquise grâce à son blogue influent et ses chroniques dans le journal espagnol El Pais et le journal brésilien Estado de S. Paulo.

Yoani Sanchez était entourée de partisans et de journalistes en sortant de l'aéroport de Salvador, mais à un certain moment, des manifestants, dont certains étaient enveloppés dans le drapeau cubain, lui ont lancé des photocopies de billets de banque américains. L'un des manifestants s'est approché assez près pour lui tirer les cheveux.

Quelques manifestants procubains tenaient des pancartes disant «Yoani Sanchez est financée par la CIA» et «À bas l'embargo américain contre Cuba, Yoani Sanchez est persona non grata à Bahia».

Les autorités cubaines considèrent les dissidents comme des traîtres et des  «mercenaires» qui reçoivent de l'argent de pays étrangers pour miner le gouvernement communiste.

«Ce sont des choses qu'on ne voit pas dans mon pays», a déclaré la dissidente au sujet des manifestants. Elle a estimé que la manifestation était une démonstration «de démocratie et de pluralisme». «J'aimerais qu'on puisse avoir une liberté comme celle-ci dans mon pays», a-t-elle ajouté.

Son voyage au Brésil a été financé grâce à des contributions sur Internet, dans le cadre d'une campagne lancée par le réalisateur d'un documentaire dans lequel elle apparaît. La municipalité de Freira de Santana, où le documentaire a été projeté lundi, assume le coût de son hébergement.

La capacité de Yoani Sanchez à quitter son île natale est considérée comme un test d'une nouvelle loi cubaine annoncée en octobre, qui élimine le permis de sortie pour quitter Cuba. Les autorités cubaines peuvent encore empêcher une personne de voyager pour des motifs de défense et de «sécurité nationale», entre autres, et certains dissidents continuent de faire l'objet de restrictions.

Néanmoins, l'abandon du permis de sortie est considéré comme l'une des réformes les plus significatives du président Raul Castro, qui tente de remanier certains aspects de l'économie, du gouvernement et de la société.

Après être arrivée à Salvador, Yoani Sanchez s'est rendue à Freira de Santana pour participer à la projection du documentaire sur la liberté de presse à Cuba.

Sa tournée comprend également plusieurs arrêts aux États-Unis, notamment dans des établissements d'enseignement de New York et d'autres villes, ainsi que des visites dans les bureaux de Twitter et de Google. Elle doit aussi rendre visite à des membres de sa famille en Floride.

La dissidente se rendra également au Mexique, au Pérou, en République tchèque, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Espagne, en Suède et en Suisse. Des visites en Argentine et au Chili pourraient également avoir lieu.

Par Marco Sibaja
2 commentaires
  • Gaétan Leclerc - Inscrit 18 février 2013 22 h 00

    Vive la révolution!

    Il est grand temps que certaines gens de Cuba disent haut et fort qu'ils sont opprimés par le parti au pouvoir. On assiste impuissant à une dictature politique où les gens n'ont pas les moyens de dire haut et fort ce qu'ils pensent. Les gens sont avilis par la doctrine communiste qui sert les dirigeants qui eux sont confortablement installés.
    Le peuple est tenu dans la pauvreté et bailloné pour ne point dire ce qu'ils pensent. Manipulé par le parti au pouvoir, lorsque son pouvoir d'achat avec ses pesos cubains, et des achats où les prix sont affichés en pesos convertibles. C'est un beau pays avec de belles plages mais où on est en train de s'enfoncer avec des idées dépassées. Des idées telles que fouillés et taxés tout ce qui vient de l'extérieur (vous essairez d'envoyer de l'aide à un cubain, il devra payer une taxe sur ce qu'il reçoit - taxe qu'il lui sera impossible de payer).
    Il serait temps que la vieille garde parte et laisse la place à des politiciens et des économistes plus sensible au peuple cubain. Il y a une belle richesse, une belle culture que l'on a cherché àenfouir, que l'on ne veut pas voir , craigant que la diversité des points vues ne soulève l'impérialiste. On y vit beaucoup de paranoïa de mesquinerie et on entretien un régime où il fait bon de mentir et de voler pour y survivre. Beaucoup de cubain on l'obligation de jouer le jeu pour survivre et non vivre. ET dire que Fidel a dit: Las ideas puen mas que las armas! il serait temps qu'il évolue avec.

  • André Michaud - Inscrit 18 février 2013 22 h 20

    Printemps Cubain ?

    Un pays avec un seul parti politique, sans liberté de presse, dont on ne peut sortir sans la permission du Parti Communiste, c'est un pays qui attend son printemps..