Colombie - Les négociations sous pression

Sabotages d’oléoducs, policiers capturés et soldats abattus : la fin de la trêve de la guérilla des FARC ne passe pas inaperçue en Colombie, une recrudescence de violences qui met sous pression les négociations de paix, ouvertes depuis novembre dernier en terrain neutre à Cuba.


Après un cessez-le-feu unilatéral de deux mois, présenté en gage de bonne volonté, les FARC sont repassées à l’action le 20 novembre, en particulier dans le sud du pays où la rébellion marxiste est fortement implantée.


En à peine plus d’une semaine, les guérilleros ont d’abord fait exploser des oléoducs dont le Transandino qui transporte du pétrole depuis l’Équateur, avant de capturer le 25 janvier deux jeunes policiers, qualifiés de « prisonniers de guerre », puis de tuer quatre soldats lors de combats jeudi, jour même de la reprise des pourparlers à La Havane.


Le numéro deux des FARC, Ivan Marquez, son représentant dans la capitale cubaine, a annoncé le retour à l’« état de guerre », tout en appelant les autorités à conclure une trêve bilatérale, une option exclue par le président, Juan Manuel Santos, qui veut maintenir la pression jusqu’à l’obtention d’un accord final.


M. Santos n’a de son côté pas souhaité mettre de l’huile sur le feu, se bornant à affirmer que les discussions étaient « sur le bon chemin ». Le gouvernement a toutefois répliqué par un ton ferme mais sans suspendre les négociations, menées en son nom par l’ancien vice-président Humberto de la Calle. « S’ils ne veulent pas en finir avec le conflit, qu’ils ne nous fassent pas perdre de temps », a-t-il averti.

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