Nicolas Maduro s’impose comme le successeur de Chávez


	Le vice-président vénézuélien, Nicolas Maduro
Photo: Agence France-Presse (photo) Raul Arboleda
Le vice-président vénézuélien, Nicolas Maduro

Caracas – Le report probable de l’investiture du président vénézuélien réélu Hugo Chávez, hospitalisé à Cuba depuis le 11 décembre, va donner le temps à son dauphin désigné, le vice-président Nicolas Maduro, d’asseoir sa position de leader du régime dans le cas d’une incapacité du chef de l’État.


Pour le régime « il est fondamental que si Maduro est candidat à une élection présidentielle en cas de départ de Chávez, il le soit dans la position de chef de l’État ou dans une position avantageuse, avec l’aura du pouvoir », explique Luis Vicente Leon, directeur de l’institut Datanalisis.


Avant de partir se faire opérer à Cuba, Hugo Chávez a délégué ses pouvoirs au vice-président, affirmant que M. Maduro assumerait l’intérim en cas de transition et qu’il serait le candidat du parti au pouvoir si des élections anticipées devaient être organisées. Depuis, Nicolas Maduro multiplie les apparitions sur les médias publics, semblant vouloir combler le vide laisse par le charismatique président.


Samedi, le vice-président, un ancien chauffeur de bus de 50 ans, a annoncé qu’il resterait en fonction au-delà du 10 janvier si M. Chávez ne peut venir prêter serment à cette date initialement prévue pour l’investiture du président réélu le 7 octobre pour un nouveau mandat.


« Je reste en fonction », a martelé samedi M. Maduro, affirmant que les hommes en place étaient résolus à attendre le retour du président. « Je pense à Chávez comme président », a assuré également ce fidèle lieutenant du président, répétant à l’envi qu’il n’avait « aucune ambition personnelle ».


Venu à la politique par le syndicalisme, Nicolas Maduro a été président de l’Assemblée nationale avant d’être nommé ministre des Affaires étrangères en 2006, fonction qu’il cumule avec celles de vice-président depuis octobre.


Ces dernières semaines, au gré de ses multiples apparitions dans les médias, M. Maduro « essaye de faire passer l’idée que le président a laissé un testament politique et qu’il est l’héritier […] parce qu’il a besoin d’être reconnu comme tel » en cas de départ du président Chávez, explique l’éditorialiste vénézuélienne Luz Mely Reyes.


La Constitution prévoit qu’en cas de défaut absolu (mort, incapacité physique permanente ou démission) du président élu, de nouvelles élections doivent être organisées dans les 30 jours.


Dans cette hypothèse, M. Maduro serait le candidat du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) probablement face au leader de l’opposition Henrique Capriles, battu par M. Chávez en octobre. Fort du legs de M. Chávez, il semble faire l’unanimité parmi les caciques du régime et s’affiche souvent aux côtés du président de l’Assemblée nationale Diosdado Cabello pour faire taire les rumeurs circulant sur une rivalité entre les deux hommes.


Pour les observateurs, une période de fragilité institutionnelle s’ouvre après le 10 janvier. Mme Reyes y voit même « un défi pour la gouvernance » du Venezuela, alors que l’opposition dénonce un vide institutionnel à prévoir faute de prestation de serment.


Mais pour M. Leon, l’opposition n’a pas les moyens de s’opposer au maintien du gouvernement au-delà du 10 janvier. L’opposition « n’existe qu’électoralement », elle « n’est pas en mesure de se protéger ou se défendre face à un gouvernement tout-puissant, armé, riche - ce qui compte - et fort du contrôle des institutions du pays », explique-t-il.

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