Venezuela - Le parti de Chávez est maintenant en position de force

Le Venezuela soulignait lundi le 182e anniversaire de la mort de Bolivar.
Photo: Agence France-Presse (photo) Juan Barreto Le Venezuela soulignait lundi le 182e anniversaire de la mort de Bolivar.

En emportant dimanche 20 des 23 États du Venezuela, le parti du président Hugo Chávez, le PSUV, sort renforcé des régionales et se trouve en bonne posture en vue d’éventuelles élections présidentielles si le président, opéré la semaine dernière pour la quatrième fois d’un cancer à Cuba, était dans l’incapacité de reprendre ses fonctions.

En face, l’opposition n’a pu conserver que trois États parmi les sept qu’elle contrôlait depuis 2008. Son chef de file, Henrique Capriles, est parvenu à sauver son siège de gouverneur à Miranda, le deuxième État le plus peuplé du pays.


Pour Luis Vicente Leon, président de l’institut d’études politiques Datanalisis, si le président ne revient pas prendre ses fonctions le 10 janvier, « le meilleur scénario pour le chavisme serait une élection dans de brefs délais ».


« La large victoire de dimanche au Venezuela tranquillise le chavisme en vue de nouvelles présidentielles » si le président fait défection, abonde le politologue Farith Fraija.


Ce dernier doute toutefois du fait que le PSUV en soit au point de prévoir ce cas de figure, la succession de Hugo Chávez restant uniquement suspendue à l’évolution de son état de santé après son opération la semaine dernière à La Havane.


Au lendemain du scrutin, les analystes attribuaient le succès du PSUV à la capacité de mobilisation du parti au pouvoir, mais aussi au facteur émotionnel largement exploité par ses caciques pendant la campagne.


Chávez présent


Les chavistes « vont te chercher chez toi pour que tu votes. La force de mobilisation [du PSUV] est très efficace », constate Carmen Beatriz Fernandez, qui dirige l’institut DataStrategia. Selon elle, la forte abstention enregistrée (environ 46 %) a surtout pénalisé les candidats de l’opposition.


En outre, poursuit-elle, « Chávez peut être mal en point, mais il était dans la campagne. Sa capacité à tout concentrer sur lui-même a toujours porté ses fruits. Il a monopolisé le débat lors de la dernière semaine de la campagne » et le PSUV a transformé sa faiblesse physique en force électorale.


La semaine dernière, plusieurs communiqués sur la situation d’Hugo Chávez ont tenu en haleine les Vénézuéliens, relatant successivement les messages rassurants ou préoccupants, notamment après une opération compliquée par une hémorragie. Ils se sont ensuite évertués a transformer l’élection en manifestation de soutien au président.