Chili : le gouvernement n’adhère pas à un hommage à Pinochet

Le gouvernement chilien ne participera pas à une soirée d’hommage à Augusto Pinochet (1973-1990) prévue pour le 10 juin, mais respectera l’initiative des partisans de l’ex-dictateur parce qu’elle est « conforme à la loi », a annoncé hier le porte-parole de la présidence.

« Nous ne favorisons, ne collaborons, ni ne participons […] à ce type d’hommages », a assuré Andres Chadwick sur l’antenne de la radio ADN, cinq jours avant une cérémonie prévue autour de la projection de la première d’un documentaire intitulé « Pinochet » dans un théâtre de Santiago.


Quelque 4000 partisans de l’ancien général sont attendus à cette projection, assurent ses organisateurs.


Selon le porte-parole du président Sebastian Piñera (droite), le gouvernement n’a d’ailleurs pas reçu d’invitation pour cet événement organisé par la Corporation 11 septembre, organisation favorable à Pinochet qui tire son nom de la date du coup d’État l’ayant porté au pouvoir en 1973.


« C’est un événement comme il y en a des centaines dans le pays. Le gouvernement le respecte évidemment, car il est conforme à la loi, mais nous n’y participons pas », a insisté M. Chadwick.


La projection du documentaire, qui célèbre l’héritage des 16 ans de la dictature du général Pinochet, est fortement contestée par plusieurs associations de défense des victimes et disparus, qui ont annoncé leur intention de porter plainte devant la justice pour apologie de cette période funeste. Du temps où le général Augusto Pinochet était au pouvoir, 3225 personnes ont été tuées ou ont disparu et 37 000 cas de tortures et de détentions illégales ont été recensés.