Lula est décidé à aller jusqu'au bout

Rio de Janeiro — La police poursuivait hier ses opérations de ratissage du Complexo do Alemao, le bastion des narcotrafiquants conquis par la police et l'armée au cours d'une bataille décisive contre le trafic à Rio.

En moins de deux heures dimanche, 2600 parachutistes et troupes de chocs de la police, appuyés par des blindés et des hélicoptères, ont repris le contrôle du Complexo do Alemao, un ensemble de 15 favelas où vivent des dizaines de milliers de personnes.

Devant la supériorité numérique et en armement des forces de sécurité, les quelque 500 trafiquants de drogue qui s'y étaient retranchés n'ont opposé aucune résistance. Un seul trafiquant a été tué dimanche, a confirmé hier la police, ce qui porte à 36 le nombre total de narcos tués en une semaine de confrontations avec la police.

En fuite

Selon la police, la majorité des trafiquants a fui, notamment par les égouts, avant l'offensive de dimanche. Une quarantaine ont été arrêtés. Quarante tonnes de marijuana ont également été confisquées, ce qui constitue la plus grosse saisie de cette drogue au Brésil.

Après 30 ans de règne des narcotrafiquants dans les favelas, cette opération sans précédent au Brésil a marqué la volonté des autorités de pacifier la ville qui accueille en 2014 le Mondial de football et en 2016 les Jeux olympiques.

Le président Luiz Inacio Lula da Silva, dont le mandat s'achève le 1er janvier, a annoncé qu'il se rendrait au Complexo do Alemao pacifié. Il a dit qu'il ferait cette visite «avec beaucoup plus de plaisir» et «beaucoup plus de tranquillité parce que nous gagnerons cette guerre».

Dimanche soir, le secrétaire à la Sécurité de Rio, José Beltrame, avait déclaré que l'offensive contre les trafiquants se poursuivrait. «Nous avons gagné une bataille, mais pas la guerre», a-t-il dit, en précisant que les prochains objectifs seraient la Rocinha et Vidigal, les deux grandes favelas de la zone sud.

Peu de moyens

Mais aujourd'hui, la police ne dispose pas des effectifs suffisants pour occuper le terrain conquis. Le gouverneur de l'État de Rio, Sergio Cabral, a ainsi demandé à l'armée de demeurer au Complexo do Alemao pendant six mois, le temps de mettre en place des Unités de police pacificatrice (UPP).

Treize favelas parmi le millier que compte Rio bénéficient de ce programme qui vise à ramener la paix et à restaurer les services de base dans ces communautés pauvres. C'est en réaction à cette politique que les trafiquants ont lancé il y a huit jours une vague d'attaques et d'incendies de véhicules.

Hier matin, policiers et militaires contrôlaient toutes les personnes entrant ou sortant du Complexo do Alemao et poursuivaient leurs fouilles, maison par maison.

Le commissaire de la police civile Fernando Veluzzo a dit à l'AFP que la coopération des habitants avait été essentielle.