Les Haïtiens vont aux urnes - Mirlande Manigat

Mirlande Manigat<br />
Photo: Agence France-Presse (photo) Thony Belizaire Mirlande Manigat

Si elle était élue, Mirlande Manigat deviendrait la première femme à diriger la Perle des Antilles. Sa campagne, elle la joue sur le thème de l'aide aux plus démunis, qui sont nombreux 11 mois après le tremblement de terre qui a ravagé le pays. «Le Canada, les États-Unis, la France ont des pauvres, mais ils sont une minorité et l'État leur vient en aide. En Haïti, les pauvres sont la majorité et l'État souvent les ignore», écrit la dame de 70 ans sur sa page Web. Elle incarne le changement pour ses partisans. Sa priorité à court terme est la lutte contre le choléra.

Miranda Manigat est la femme d'un intellectuel haïtien connu, Leslie Manigat, qui a été président du pays brièvement en 1988 et qui a mené une campagne présidentielle en 2006 contre l'actuel président, René Préval. Mme Manigat a été sénatrice le temps de la présidence de son mari.

Dotée d'un tempérament calme, Mirlande Manigat a un curriculum vitae bien garni. Celle que plusieurs appellent «Maman» a fait des études à la Sorbonne, avant d'enseigner à Trinidad et au Venezuela. Elle est revenue dans son pays natal après la chute du régime Duvalier, jusqu'à devenir vice-présidente de l'Université Quisqueya, à Port-au-Prince. Elle est l'auteure de nombreux livres sur les relations internationales, la politique et le droit. Certains comparent d'ailleurs son parcours à celui de la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton.

Si son âge avancé est critiqué, Mirlande Manigat assure qu'il est un avantage: elle se dit trop vieille pour être «immorale».

Une rumeur veut que Mme Manigat ait conclu une entente avec le président sortant, René Préval. On dit qu'elle aurait accepté 8 millions de dollars en échange de l'assurance qu'elle appuierait le programme du parti du président si elle était élue. La dame assure que c'est faux.