Brésil - La violence reprend à Rio

Le quartier de Jacarezinho, à Rio, a été investi hier par les forces policières.<br />
Photo: Agence Reuters Sergio Moraes Le quartier de Jacarezinho, à Rio, a été investi hier par les forces policières.

Rio de Janeiro — Après trois jours de violences dans les rues de Rio où des bus ont été incendiés et des postes de police mitraillés, 12 trafiquants de drogue présumés ont été tués dans des opérations policières menées dans les favelas.

Hier dix trafiquants ont été tués par la police entrée en force dans des favelas alors que la veille deux autres étaient morts au cours d'échange de tirs entre narcos et forces de l'ordre.

Cette escalade de violences déclenchées lundi à l'aube jette une nouvelle fois un doute sur la capacité de Rio d'organiser en toute sécurité les deux principaux événements sportifs de la planète, le Mondial de football en 2014 et les Jeux olympiques en 2016.

Dans la nuit de mardi à hier, dix-huit véhicules dont cinq autobus et un minibus ont été incendiés et un poste de police mitraillé. Des images de bus en flammes dans divers quartiers de la ville passaient en boucle à la télévision.

Hier, 1200 policiers ont été sortis des bureaux et mis dans la rue et toutes les casernes ont été mises en alerte.

En réponse à ces violences déclenchées dimanche, les autorités avaient déjà mobilisé des centaines de policiers pour investir 22 favelas d'où viennent les trafiquants.

Les attaques de la nuit, qualifiées de scènes de guérilla par la presse, ont eu lieu sur de grands axes routiers, tel que la Linha vermelha, qui conduit à l'aéroport international, semant la panique dans divers quartiers de la ville de plus de six millions d'habitants.

Le gouverneur de Rio, Sergio Cabral a lancé un appel au calme à la population. «Ces actions ne sont pas une menace, mais un acte désespéré des criminels», a dit le gouverneur à la radio CBN.

Dans la plupart des cas, les assaillants interceptent le véhicule, font descendre les passagers, l'arrosent d'essence et y mettent le feu. Dans les quartiers sensibles de la banlieue nord et ouest, de nombreux écoliers ont préféré rester chez eux.

Selon les autorités, ces violences sont une riposte à la création il y a deux ans des unités de police pacificatrice dites UPP qui visent à rétablir la paix et les services de l'État dans les quartiers pauvres contrôlés par les trafiquants.

Le but des narcos est de terroriser la population et d'intimider le gouvernement local, affirment les experts en violence.

Le secrétaire à la Sécurité de l'État, José Mariano Beltrame, a déclaré que d'après les services de renseignement, deux grandes factions rivales de narcotrafiquants ont fait une trêve pour s'unir et tenter de déstabiliser les UPP qui les a chassé des favelas. Il s'agirait du Comando vermelho et de l'ADA (amis des amis) qui dominent les deux plus grandes favelas de Rio, celles de la Rocinha (sud) et du Complexo do Alemao (nord).

À ce jour, 13 favelas, situées essentiellement dans les zones résidentielles, ont été pacifiées et plus de 200 000 habitants se sont affranchis de l'ordre imposé par les trafiquants. À Rio, près de deux millions d'habitants (soit un tiers de la population intra-muros de la ville) vivent dans plus de 1000 favelas.
3 commentaires
  • Marc Lemieux - Inscrit 25 novembre 2010 08 h 07

    Il faut être réaliste

    Il faudrait vraiment je crois réaliser la différence de développement entre les pays du nord et du sud, arrêter d'être angélique et réaliser que nous ne sommes pas du tout égaux avec ces gens. Mais n'était ce pas le cas il y a encore quelques décennies?

    Ces gens, Brésiliens et autres, importent un mode de vie problématique en Occident, il faut être réaliste.

    Un preuve? Consultez les sites diplomatiques officiels, dans leur langage pourtant consensuel, et regarder les rubriques "conseils aux voyageurs", il y a une fiche par pays, voyez ce qu'est le quotidien là bas :

    http://www.voyage.gc.ca/countries_pays/menu-fra.as

    http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voya

  • Gilbert Talbot - Abonné 25 novembre 2010 11 h 17

    Légalisons la consommation de toutes les drogues.

    Les narcotraficants luttent pour le contrôle de la distribution de la drogue, pas seulement au Brésil, mais partout dans le monde et particulièrement aux USA. Qu'attend-on pour légaliser la consommation de drogue ? C'est sa criminalisation qui profite le plus aux trafiquants. Tout comme lorsqu'on a légalisé la consommation d'alcool, le trafic a disparu, la même chose se produirait si on légalisait la consommation de toutes les drogues. C'est l'État qui contrôlerait sa qualité et confierait sa distribution à des «drugstores», dirigé par des pharmaciens spécialisés, qui pourraient conseiller les gens sur les effets et recommanderait la posologie la meilleure à appliquer sur tel ou tel produit.

  • art5 - Inscrit 28 novembre 2010 07 h 10

    rio violence

    Cher M. Lemieux,

    Vos propos ne sont pas ¨politically correct¨ mais justes, tres justes.

    Merci.