La méfiance s'installe en Haïti

Port-au-Prince — Haïti attendait hier les élections présidentielle et législatives de dimanche sur fond de mécontentement de la population, toujours aux prises avec l'épidémie de choléra, et de certains candidats face aux difficultés d'organisation du scrutin.

Les radios haïtiennes rapportaient hier matin des manifestations à Miragoâne, une ville côtière du sud du pays, où la population a érigé des barrages pour protester contre la désignation, frauduleuse selon elle, des superviseurs électoraux, accusés d'être des membres du parti au pouvoir.

Ce week-end, 4 des 19 candidats à la présidence ont demandé un report des scrutins à cause du choléra. Mais hier, le candidat Jacques-Édouard Alexis, ancien premier ministre du président René Préval, a insisté sur la nécessité d'organiser le scrutin comme prévu, tout en reconnaissant qu'«Haïti ne pourra pas réaliser les élections dans des conditions normales».

Malgré le choléra et le fait que des centaines de milliers de personnes vivent sous la tente, le président Préval, critiqué pour son inaction face à l'épidémie de choléra, «doit partir le 7 février», date de l'expiration de son mandat, a affirmé M. Alexis au cours d'une conférence de presse. «C'est pourquoi il faut organiser les élections. Le peuple doit aller voter», a-t-il insisté.

Près de 4,7 millions d'Haïtiens sont appelés à choisir un successeur au président Préval et élire 11 sénateurs et 99 députés. Parmi d'autres, la Conférence des évêques d'Haïti a appelé dimanche à aller voter «pour choisir des dirigeants qui travailleront pour tout le peuple» et à ne pas participer à la violence.

Plusieurs partis politiques ont dénoncé des actes d'intimidation lors de rassemblements dans les provinces ainsi que la menace des armes qui pourrait perturber la journée de vote.