Haïti craint une flambée de choléra après le passage de Tomas

Trois jours après le passage de l'ouragan Tomas, les autorités haïtiennes craignaient, hier, une flambée des infections de choléra, car les précipitations des derniers jours ont entraîné une augmentation du volume d'eau polluée, un des principaux vecteurs de la maladie.

«Il faut s'attendre à une progression [de la maladie] après le cyclone», a déclaré le directeur de cabinet du ministre de la Santé d'Haïti, le Dr Daniel Henry.

L'épidémie a fait jusqu'à présent 544 morts, alors que plus de 8000 personnes ont été hospitalisées.

Pour sa part, le bilan du passage de l'ouragan Tomas en Haïti s'est alourdi hier à 21 morts et 36 blessés. Tomas a atteint, jeudi et vendredi, Haïti avec des vents soufflants à plus de 130 km/h et des pluies torrentielles. Le cyclone n'a pas directement frappé le pays, faisant épargner le pire aux centaines de milliers de sinistrés du séisme du 12 janvier qui vivent dans des camps de toile dans la région de Port-au-Prince. Mais les fortes précipitations ont été destructrices, en particulier dans l'ouest du pays.

«L'évacuation des dégâts se poursuit», a déclaré la directrice de la Protection civile haïtienne, Alta Jean-Baptiste. «On a commencé à évacuer l'eau, mais il faut des actions urgentes [...], car si la pluie recommence à tomber, il y aura de nouvelles inondations», a souligné Mme Jean-Baptiste. «Léogâne est la ville qui a le plus souffert du passage de Tomas parce qu'elle avait été fragilisée par le séisme.»

Michaëlle Jean à l'UNESCO

À Paris, la nouvelle envoyée spéciale de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) pour Haïti, Michaëlle Jean, a dit souhaiter que son pays d'origine cesse d'être un «vaste laboratoire d'essais et d'erreurs» de l'aide internationale.

L'ancienne gouverneure générale du Canada a été officiellement nommée dans ses nouvelles fonctions, hier, à Paris, par la directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova.

Dans son premier discours, Mme Jean a déclaré que la population haïtienne avait désormais besoin d'un «pacte de solidarité essentiel» qui aille «au-delà de la logique de l'assistance» qui prévaut en Haïti depuis des décennies.

D'urgences en catastrophes, cette logique, selon elle, «a fini par faire d'Haïti un immense laboratoire de toutes les expériences, de tous les essais et erreurs de l'aide, avec une somme de stratégies lacunaires qui n'ont jamais rien produit, rien réalisé de réellement durable».

«Le grand problème en ce moment, c'est l'éparpillement, a poursuivi Michaëlle Jean. Il y a un besoin de coordination et de cohésion dans la foule vertigineuse d'interventions qui sont conduites en Haïti.»

Pour mettre fin à la dispersion et à la «fragmentation» des efforts de reconstruction, la nouvelle envoyée spéciale en a appelé à la mise en place d'un «plan de développement humain, inclusif et durable», qui viendrait soutenir, notamment, le «renforcement des capacités de gouvernance» de l'État et la fondation d'un système d'éducation public de qualité.

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D'après La Presse canadienne et l'AFP
1 commentaire
  • oracle - Inscrit 9 novembre 2010 06 h 24

    Qui et que faut-il croire en Haiti ?

    Nous avions entendu ce refrain dès le lendemain du séisme. L'immobilisme qui s'en est suivi me laisse craindre que toutes ces nouvelles annonces tapageuses ne soient ni plus ni moins que la répétition des mêmes stratégies qui ont permis aux ONGs de regarnir généreusement leurs coffres, sans devoir rendre le moindre compte au peuple haitien. Mon plus ardent souhait serait en tout cas d'avoir raison à propos de cette catastrophe appréhendée.

    Pierre-Michel Sajous