13 nouveaux décès en Haïti - Les rumeurs vont bon train quant à l'origine du choléra

Port-au-Prince — L'épidémie de choléra en Haïti a fait 305 morts, ont indiqué hier les autorités haïtiennes, soit 13 décès de plus que le bilan communiqué la veille, tandis que 502 hospitalisations supplémentaires ont été enregistrées, soit 4649 au total.

Ces chiffres, annoncés par le directeur général du ministère de la Santé haïtien, Gabriel Thimoté, portent sur une période allant du 19 au 28 octobre. Ce bilan montre une certaine stagnation du nombre de nouveaux morts par rapport au précédent.

Le Dr Thimoté a indiqué hier que des analyses avaient permis de déterminer que le premier cas de choléra avait été enregistré «à Grand Boucan dans le département du Centre». Le plus grand nombre de décès a néanmoins été constaté dans le département Artibonite, le long du fleuve du même nom, à Drouin et Grande Saline, a-t-il précisé.

Des rumeurs

Une dizaine de jours après l'apparition de la bactérie tueuse, des rumeurs circulent dans le pays sur l'origine de l'épidémie, qui reste un mystère, et font un lien avec l'aide étrangère, incriminant particulièrement des soldats de l'ONU.

Du personnel de MSF a ainsi été attaqué mardi soir à coups de pierres dans la ville de Saint-Marc, à environ 100 km au nord de la capitale, Port-au-Prince, par quelque 300 manifestants craignant que l'afflux de patients ne propage l'épidémie.

À cet égard, Gabriel Thimoté a précisé que le choléra avait pu venir d'un porteur sain, haïtien ou étranger. Il a aussi annoncé que des nouvelles analyses avaient été commandées pour déterminer cette origine.

Plusieurs pays de la région ont par ailleurs pris des mesures pour éviter que la maladie se propage chez eux. Ainsi, en République dominicaine, au Pérou, en Colombie, au Venezuela ou encore en Équateur des alertes épidémiologiques ont été lancées depuis mardi en particulier à destination des postes frontaliers, des ports et des aéroports afin de renforcer la surveillance des voyageurs et les mesures sanitaires.

En République dominicaine, qui partage avec Haïti l'île d'Hispaniola, les personnes souhaitant traverser la frontière doivent se désinfecter les mains et remplir un questionnaire médical.

En Colombie, le responsable de la coordination de la veille sanitaire, Victor Hugo Alvarez, a pour sa part indiqué à l'AFP que des mesures avaient été adoptées dans les aéroports et les ports, où les bateaux pouvant véhiculer de l'eau contaminée en provenance d'Haïti sont particulièrement surveillés.