L'épidémie en Haïti pourrait s'intensifier, prévient l'OMS

Une Haïtienne souffrant du choléra a reçu hier des soins à l’hôpital de L’Estère.<br />
Photo: Agence Reuters Sophia Paris Une Haïtienne souffrant du choléra a reçu hier des soins à l’hôpital de L’Estère.

L'épidémie de choléra en Haïti a fait 292 morts, ont indiqué hier les autorités haïtiennes, soit 8 de plus que le bilan communiqué la veille, tandis que 535 hospitalisations supplémentaires ont été enregistrées, portant leur total à 4147.

Port-au-Prince — L'épidémie de choléra qui a fait 292 morts en Haïti n'a pas atteint son «pic», a averti hier l'Organisation mondiale de la santé, au moment où des rumeurs sur l'origine du mal crispaient les relations entre une partie de la population et l'aide étrangère.

Une dizaine de jours après l'apparition de la maladie sur les rives de l'Artibonite (centre), l'OMS a ravivé les craintes d'une intensification de l'épidémie. «Je ne pense pas qu'elle est contenue», a déclaré Claire-Lise Chaignat, une responsable de l'OMS. Elle a expliqué que l'OMS recommandait aux autorités de se préparer au «pire scénario», soit la possibilité de voir la bactérie se développer dans la capitale Port-au-Prince, où des centaines de milliers de personnes s'entassent dans des camps depuis le séisme du 12 janvier.

L'avertissement tranche avec l'optimisme affiché dimanche par la ministre haïtienne des Affaires étrangères, Marie Michèle Rey, qui s'était déclarée «confiante», affirmant que l'épidémie semblait «contenue».

«Je ne pense pas que nous avons atteint un pic», a renchéri la spécialiste de l'OMS, en relevant que le taux de létalité avait baissé, atteignant 7,7 %, contre 10 % au début de l'épidémie. «Cela montre que la réponse se met en place. C'est un signe positif».

À défaut de connaître l'origine du mal, les autorités haïtiennes et les ONG s'attachaient hier à limiter sa propagation, en intervenant au niveau de la distribution d'eau potable, un des vecteurs de la maladie.

Le choléra est une maladie hautement contagieuse dont la propagation est favorisée par les défaillances des réseaux sanitaires et l'absence d'hygiène. Aux difficultés dans les zones touchées s'ajoute un climat tendu à la frontière avec la République dominicaine, partiellement fermée par Saint-Domingue. Lundi, des heurts entre la MINUSTAH et des Haïtiens s'y étaient produits.

Malgré tout, Haïti continuait de préparer les élections présidentielle et législatives du 28 novembre. Mardi, une première cargaison de «kits électoraux» est arrivée dans le pays.
1 commentaire
  • oracle - Inscrit 28 octobre 2010 07 h 01

    Que faisait-on au temps chaud?

    Dès le lendemain du séisme du 18 janvier, toute la meute d'ONGs qui mène la bonne vie en Haiti a embouché la trompette d'alarme sur les épidémies potentielles à prévenir et en priorité le choléra. Or les récents événements nous ont bien démontré que Haiti était moins que prête à affronter cette infection majeure.
    Rien d'étonnant quand on sait que la Croix-Rouge Canadienne, pour l'une, a engagé plus de 60 millions dans un projet de fourniture de cabanons de 18 mètres carrés de surface, à 4000 dollars l'unité, en guise d'abris temporaires aux sinistrés qui les ont d'ailleurs assez mal reçus. Ne sachant encore plus quoi faire de la balance des 193 millions amassés sur les flots de larmes versées sur les épaules des Haitiens, elle n'a pas trouvé d'autre mission que de s'enrôler dans la lutte contre une violence toute imaginaire en Haiti, une de ces initiatives en forme de nébuleuse , plus propice à noyer l'imputabilité.
    Que diable ont-ils donc fait, ne serait-ce que pour préparer la population à affronter cette épidémie sur fond de catastrophe appréhendée ?

    Pierre-Michel Sajous