Haïti - La flambée de choléra semble contenue

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Photo: Agence Reuters St Felix Evans Des Haïtiens souffrant du choléra se sont rendus à l’hôpital de Saint-Marc.

Port-au-Prince — La propagation de l'épidémie de choléra qui touche Haïti s'est ralentie hier alors que les autorités ont annoncé une baisse du taux d'infection de la maladie, qui a fait 259 morts ces derniers jours. Les Nations unies ont cependant dit redouter une crise sanitaire d'ampleur nationale qui ferait des dizaines de milliers de malades.

Après plusieurs journées au cours desquelles les décès se comptaient par plusieurs dizaines, seules six morts ont été enregistrées durant les dernières 24 heures, toutes dans la région d'Artibonite dans le centre de l'État. L'autre foyer de la maladie, la région du Plateau central, n'a pas enregistré de nouveaux décès depuis une journée.

«Le nombre de décès enregistrés a diminué d'une manière significative, le nombre de personnes hospitalisées a également diminué», a déclaré Gabriel Thimoté, directeur général du ministère de la Santé, au cours d'une conférence de presse à Port-au-Prince.

Les camps de fortune

Le choléra, éradiqué à Haïti depuis plus de 100 ans, a fait son apparition il y a quelques jours dans le nord du pays en raison de la mauvaise qualité de l'eau potable. La crainte est de le voir se développer à Port-au-Prince, où des centaines de milliers d'Haïtiens s'entassent dans des camps de fortune après le séisme du 12 janvier qui a fait plus de 250 000 morts.

«Il est trop tôt» pour proclamer la fin de l'épidémie, a dit hier Daniel Epstein, porte-parole de l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS), émanation de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). «Le comportement de l'épidémie est très difficile, voire impossible, à prédire», a-t-il remarqué.

Depuis New York, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU a jugé qu'il serait prématuré de baisser la garde. «Une épidémie d'ampleur nationale avec des dizaines de milliers de cas est une possibilité réelle», a expliqué l'ONU dans un communiqué. «La situation est extrêmement grave et sur la base de l'expérience que nous avons des épidémies ailleurs dans le monde, il serait irresponsable de ne pas se préparer à une épidémie beaucoup plus importante.»

Mobilisation nationale


Afin de confirmer l'avancée contre la maladie, le gouvernement haïtien va «lancer une grande mobilisation au niveau» des élus et des communautés locales, ainsi qu'«au niveau des établissements scolaires», a indiqué M. Thimoté.

Autre axe de travail: déterminer comment améliorer la fourniture d'eau potable, dont la mauvaise qualité est à l'origine de l'épidémie. «Le gouvernement, aidé de l'Organisation mondiale de la santé [OMS] et des Centres de contrôle des maladies américains [CDC], va rencontrer les vendeurs d'eau en Haïti», a poursuivi M. Thimoté.

«La priorité désormais, c'est de traiter les gens, ce qui est très simple à faire: il s'agit de réhydratation dans 80 % des cas», a souligné le porte-parole de l'OPS. «Nous avons des équipes sur place et nous en envoyons encore davantage, notamment des épidémiologistes qui connaissent le choléra.»

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Avec Reuters