1500 cas recensés - Le choléra frappe Haïti

La vallée de l’Artibonite, une région fortement agricole, traverse le centre et le nord du pays.<br />
Photo: Agence France-Presse (photo) Roberto Schmidt La vallée de l’Artibonite, une région fortement agricole, traverse le centre et le nord du pays.

Port-au-Prince — Au moins 135 personnes sont mortes et des centaines ont été hospitalisées ces derniers jours en Haïti en raison d'une «poussée de choléra», vraisemblablement due à la mauvaise qualité de l'eau potable.

«Les premiers résultats obtenus à la suite des analyses en laboratoire montrent qu'il y a une poussée de choléra, mais nous ne connaissons pas encore le type», a déclaré une source du ministère de la Santé publique qui a souhaité garder l'anonymat.

Le directeur général du ministère de la Santé, contacté par téléphone, a annoncé une réunion d'urgence du gouvernement, mais a refusé de confirmer l'information.

Plus tôt hier, les autorités haïtiennes avaient indiqué que plus de 50 personnes étaient mortes ces derniers jours dans plusieurs villes d'Haïti et que des centaines avaient été hospitalisées à la suite de ce qui avait été identifié jusque-là comme une épidémie de diarrhée liée à la mauvaise qualité de l'eau potable.

«Nous avons enregistré 51 ou 52 décès le long du fleuve de l'Artibonite qui traverse le centre et le nord du pays. Il s'agit d'une épidémie due à l'eau utilisée dans les foyers de ces régions», avait alors déclaré le docteur Ariel Henry, directeur de cabinet du ministre haïtien de la Santé.

Mais le bilan pourrait être bien plus lourd à en croire les chiffres obtenus directement auprès de médecins haïtiens. «Nous comptons 27 morts et 300 cas d'hospitalisation dans la localité de Drouin», a indiqué le Dr Jean-Robert Pierre-Louis, qui travaille au centre de santé de cette localité située au nord d'Haïti.

À 96 km au nord de Port-au-Prince, à Saint-Marc, 26 décès ont été enregistrés et plus de 400 personnes sont hospitalisées. Dans la même région, à Vérette, 18 morts ont été dénombrés. À Mirebalais (Centre), trois personnes sont mortes et une centaine hospitalisées, selon des médecins.

«Les hôpitaux et centres de santé sont débordés dans les régions touchées. Plusieurs centaines de personnes sont hospitalisées et nous sommes en train d'évacuer des malades vers d'autres centres» moins engorgés, a indiqué Gabriel Timothé, directeur général du ministère de la Santé.

«Certaines personnes seraient également décédées à leur domicile dans la région de l'Artibonite et dans le centre d'Haïti», selon plusieurs sources médicales.

Le choléra est une maladie hautement contagieuse, qui peut tuer en quelques heures, dont la propagation est favorisée par les défaillances des réseaux sanitaires et l'absence d'hygiène et de soins. Après une incubation de quelques jours, la maladie débute par de violentes diarrhées vidant littéralement l'organisme de son eau. En l'absence d'une réhydratation immédiate, cette déperdition de liquides est souvent mortelle.

Présentes en nombre dans le pays, les ONG se mobilisent. «Nous sommes en train d'évaluer la situation sur le terrain avec les partenaires internationaux et les autorités sanitaires haïtiennes», a indiqué Fanny Devoucoux, de l'ONG française Acted avant que «la poussée de choléra» ne soit identifiée.

Depuis le séisme, les ONG ont fait part de leurs craintes de voir apparaître des épidémies en raison des mauvaises conditions sanitaires dans lesquelles vit la population et l'accès difficile à l'eau potable.
1 commentaire
  • clovis simard - Inscrit 22 octobre 2010 07 h 25

    Pasteur

    Quand je lis cette article, cela me ramène en arrière au temps de Louis Pasteur qui travaillait à combattre le choléra !
    C'est terrible pour ces gens de vivre cela, surtout quand on sait très bien que le remède est là pour eux.