Colombie : Piedad Córdoba accusée de liens avec les FARC

Piedad Córdoba<br />
Photo: Piedad Córdoba

Bogotá — La sénatrice d'opposition colombienne Piedad Córdoba, médiatrice de plusieurs libérations d'otages des FARC et risquant une destitution pour collaboration avec la guérilla, a annoncé hier qu'elle contesterait la décision devant la Cour interaméricaine des droits.

Membre du Parti libéral (centre gauche), Mme Córdoba fait l'objet d'une procédure administrative annoncée lundi, susceptible d'entraîner la révocation de son mandat et l'inégibilité pour 18 ans dans le cas où ces mesures seraient confirmées par le Conseil d'État colombien.

La branche administrative du parquet l'accuse de «collaboration» avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), auxquelles elle aurait fourni des conseils et des informations qui ne devaient pas leur parvenir.

Piedad Córdoba, âgée de 55 ans, a oeuvré depuis la mi-2007 en faveur de la libération de 14 otages de la guérilla, en assumant un rôle de médiatrice. Elle fait en outre partie d'une coalition de politiques et d'intellectuels de gauche, Colombiens et colombiennes pour la paix, fondée en septembre 2008 pour promouvoir un dialogue avec les FARC en vue de mettre fin au conflit les opposants à l'État depuis 1964.

«Nous ne laisserons pas seules les familles» des otages encore aux mains des FARC, a-t-elle déclaré hier.

L'enquête sur la sénatrice serait fondée sur des documents retrouvés dans l'ordinateur de l'ancien numéro deux des FARC, Raul Reyes, tué en mars 2008 au cours du bombardement d'un campement de la guérilla en territoire équatorien.

«Je continuerai à oeuvrer pour la paix en Colombie, car c'est un droit, une obligation et c'est aussi mon engagement», a déclaré la sénatrice à la presse à Bogotá. «J'entamerai les actions appropriées devant la justice colombienne pour démontrer mon innocence», a-t-elle ajouté.

Elle a annoncé qu'elle saisirait de son affaire dans les jours à venir la Cour interaméricaine des droits de la personne, l'Union interparlementaire mondiale et l'Union européenne.
1 commentaire
  • oscar Fortin - Inscrit 29 septembre 2010 07 h 30

    Piedad Cordoba militante pour la paix

    Bien des titres de nos journaux pourraient couvrir cette expulsion de la sénatrice Cordoba de ses ses fonctions de sénatrices. Elle est une des dix représentants (es) de l'opposition au Sénat Coloombien.

    Si celà s'était produit au Venezuela, la presse aurait criéé au scandale et à la persécution d'un membre éminent de l'opposition sénatoriale. On aurant vanté ses vertues et ses nombreuses initiatives en faveur de la paix, mettant en évidence les libérations de prisonniers des FARC qui lui doivent leur libération.

    Je souhaite tout simplement que la communauté internationale fasse entendre sa voix et dénonce cette initiative qui a toutes les apparences d'un règlement de compte politique et surtout de la mise à l'écart d'une militante pour une paix juste et non sanglante entre les forces militaires en présence en Colombie.