Venezuela - Chávez sera confronté à une opposition

Des partisans d’Hugo Chávez ont manifesté leur joie pendant la divulgation des résultats électoraux.
Photo: Agence Reuters Carlos Garcia Rawlins Des partisans d’Hugo Chávez ont manifesté leur joie pendant la divulgation des résultats électoraux.
L'Unité démocratique, coalition de plusieurs formations d'opposition, a remporté au moins 60 des 165 sièges parlementaires, tandis que le PS et ses alliés en obtiennent au moins 94, a fait savoir hier le Conseil national électoral, après dépouillement de la quasi-totalité des voix exprimées la veille. Cinq sièges vont à d'autres partis et les résultats concernant les six derniers ne sont pas encore connus.

L'opposition, qui ne pouvait que progresser après avoir boycotté le scrutin de 2005, assure en outre avoir réuni 52 % des suffrages, ce qu'une source proche de l'autorité électorale a par la suite confirmé. «Nous sommes majoritaires!», ont scandé ses partisans à l'annonce des résultats. «Cela nous confère beaucoup de pouvoir politique. Nous sommes très heureux», s'est félicité Armando Briquett, porte-parole de l'Unité démocratique.

Dans un message sur son compte Twitter, Hugo Chávez a paru ironiser sur cette revendication de la victoire de la part de l'opposition. «La pauvre minorité dit qu'elle a gagné. Et bien qu'elle continue à gagner alors», a-t-il écrit.

Les pouvoirs publics ont procédé l'an dernier à un redécoupage électoral qui donne plus de poids aux circonscriptions rurales, où le chef de l'État compte ses plus fidèles partisans.

Désormais privé de la majorité qualifiée des deux tiers, Hugo Chávez, qui briguera un nouveau mandat en 2012, devra batailler pour faire adopter les réformes majeures ou pour procéder à des nominations à des postes importants comme ceux de la Cour suprême.

Le parti au pouvoir reste toutefois proche du seuil des trois cinquièmes (99 sièges) qui permet au président de gouverner par décrets spéciaux et de passer outre à un blocage parlementaire.

Sur son compte Twitter, Hugo Chávez a salué «une nouvelle victoire du peuple». «Je vous félicite tous», a-t-il ajouté.

À 56 ans, le promoteur de la révolution bolivarienne a été omniprésent dans la campagne. Son portrait orne les affiches des candidats du Parti socialiste, ses discours ont été repris par les médias, parfois contraints par la loi à les diffuser in extenso. Ses attaques contre l'opposition n'ont pas manqué.

Douze ans après sa première élection, en décembre 1998, sa popularité a toutefois reflué sous la barre des 50 %.

L'Unité démocratique évoque un mécontentement croissant à l'égard de son style autoritaire et d'une criminalité galopante. Il y aurait eu entre 13 000 et 16 000 homicides l'an dernier au Venezuela, qui compte 27 millions d'habitants, et le New York Times a laissé entendre qu'il était plus dangereux que l'Irak.

L'opposition semble en outre avoir bénéficié des difficultés économiques du pays, qui traverse sa deuxième année de récession avec une inflation frôlant les 30 % et des exportations en recul.

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