Législatives en forme de test pour Chávez

Hugo Chávez hier. Une histoire d’amour terminée?<br />
Photo: Agence Reuters Jorge Silva Hugo Chávez hier. Une histoire d’amour terminée?

Caracas — Les élections législatives hier au Venezuela devraient reconduire la majorité parlementaire du président Hugo Chávez, qui affronte cependant une opposition de retour dans les urnes après le boycottage de 2005.

Du coup, l'enjeu principal de ces élections parlementaires, qui auront aussi valeur de test personnel pour le président vénézuélien, devrait être la capacité ou non pour l'opposition de priver le Parti socialiste de sa majorité qualifiée des deux tiers des 165 élus de l'Assemblée nationale. Si c'est le cas, alors l'ancien officier parachutiste putschiste devra batailler pour rallier des voix de l'opposition avant de faire adopter des réformes législatives majeures ou de procéder à des nominations à des postes importants.

À 56 ans, le dirigeant vénézuélien, qui se réclame de Simon Bolivar, le père de l'indépendance, n'était pas candidat hier. Mais il a été omniprésent dans la campagne. Son portrait orne les affiches des candidats du Parti socialiste, ses discours ont été repris par les médias, parfois contraints par la loi à les diffuser in extenso. Ses attaques contre l'opposition n'ont pas manqué.

«Ils ne reviendront jamais ici», a-t-il lancé lors d'une intervention télévisée depuis son palais présidentiel de Miraflores.

«Nous voulons un déluge de scrutins ! Nous avons déjà battu le record de bureaux de vote ouverts. C'est un jour superbe. Allez, la nation vous attend», a écrit Chavez dans plusieurs messages sur son compte Twitter zchavezcandanga. Cependant, douze ans après sa première élection, en décembre 1998, sa popularité a reflué sous la barre des 50 %, oscillant selon les instituts de sondage entre 40 et 50 %. Dans son sillage, s'il conserve la faveur des pronostics, l'avance du Parti socialiste s'est réduite sur l'opposition, qui s'est regroupée au sein d'un Conseil de l'Unité démocratique.

En 2005, l'opposition avait boycotté les législatives. Cette décision avait donné carte blanche au président vénézuélien, et ses adversaires aujourd'hui la regrettent amèrement.

«L'histoire d'amour entre Chávez et le peuple est terminée. Nous sommes de retour», veut croire Berta Morales, une des principales figures de l'opposition.

L'Unité démocratique évoque un mécontentement croissant à l'égard de la gouvernance autoritaire du président et de la criminalité dans le pays - il y aurait eu entre 13 000 et 16 000 homicides l'an dernier, sur une population de 27 millions d'habitants; le New York Times a laissé entendre que le Venezuela était plus dangereux que l'Irak.

L'opposition pourrait aussi bénéficier des difficultés économiques du pays, qui traverse sa deuxième année de récession avec une inflation frôlant les 30 % et des exportations en recul.

Le resserrement observé dans les intentions de vote devrait toutefois être insuffisant pour qu'on assiste dimanche à une alternance politique au sein de l'Assemblée nationale.

Même en remportant le plus grand nombre de suffrages au niveau national, l'opposition ne serait pas mécaniquement majoritaire en sièges.
2 commentaires
  • Rironie - Inscrit 27 septembre 2010 10 h 19

    Malgré toute la polution médiatique

    Malgré toute la polution médiatique, ce qui sera sans doute remarquable dans cette élection, c'est que Chavez, après 12 ans au pouvoir, va sans aucun doute obtenir un meilleur score que sera celui d'Obama en novembre prochain, après seulement 2 ans de pouvoir. Et la grande différence entre ces deux chefs d'État, c'est qu'Obama a été acclamé par la planète entière, alors que Chavez, on s'est plutôt acharner à le démoniser. Il faut donc se demander qui des deux groupes sont les plus cons: les électeurs vénézuéliens, ou les médias occidentaux. Quant à moi, je ne met pas en doute la sagesse du peuple vénézuélien.

  • oscar Fortin - Inscrit 27 septembre 2010 11 h 36

    UNE DÉMOCRATIE BIEN VIVANTE

    Encore une fois cette élection sera le témoignage qu'au Venezuela la démocratie et bien vivante et qu'elle sait mettre à son service la meilleure technologie qui soit pour assurre que chaque vote d'électeur et d'électrice soient enrégistré et arrive en bout ligne. Le pays le plus sophistiqué en armement devrait se munir d'un système électoral qui ne permette pas la fraude, comme c'est actuellement le cas dans la plupart des élections.

    En second lieu, je me réjouis que l'opposition ait délaissé les approches inconstitutionnelles pour s'inscrire dans le processus légal de l'Assemblée générale. Elle aura alors l'occasion de faire valoir ses projets pour le mieux être du peuple Vénézuélien.