Venezuela - Des élections en forme de test pour Chávez

Jeune partisan du président Chávez<br />
Photo: Jorge Silvareuters Jeune partisan du président Chávez

Caracas — De retour dans les urnes après avoir boycotté les précédentes élections législatives, l'opposition vénézuélienne ne semble pas en mesure de mettre Hugo Chávez en minorité au parlement, mais elle peut espérer le priver demain de la majorité qualifiée.

Les élections parlementaires auront aussi valeur de test pour le président vénézuélien, qui briguera l'année prochaine un nouveau mandat à la tête du pays. «La bataille va au-delà du 26 septembre. Son objectif ultime, c'est 2012, lorsque nous remporterons de nouveau la présidence», a lancé Chávez.

Âgé de 56 ans, le dirigeant vénézuélien, qui se réclame de Simon Bolivar, le père de l'indépendance, est omniprésent dans la campagne. Son portrait orne les affiches des candidats du Parti socialiste, ses discours sont repris par les médias, parfois contraints par la loi à les diffuser in extenso.

«Du point de vue des procédures, de la technologie, des garanties et des systèmes de vérification, nous avons un système électoral digne du XXIe siècle, mais le contrôle exercé sur la campagne est digne du XIXe siècle», déplore Vicente Diaz, membre du Conseil national électoral (CNE), dans une entrevue accordée à l'agence Reuters.

Cependant, douze ans après sa première élection, en décembre 1998, la popularité de Chávez a reflué sous la barre des 50 %, oscillant, selon les instituts de sondage, entre 40 et 50 %. Dans son sillage, s'il conserve la faveur des pronostics, l'avance du Parti socialiste s'est réduite sur l'opposition, qui s'est regroupée au sein d'un Conseil de l'unité démocratique.

En 2005, l'opposition avait boycotté les élections législatives. Cette décision avait donné carte blanche au président vénézuélien, et ses adversaires aujourd'hui la regrettent amèrement.

«L'histoire d'amour entre Chávez et le peuple est terminée. Nous sommes de retour», veut croire Berta Morales, une des principales figures de l'opposition. Le Conseil de l'unité démocratique évoque un mécontentement croissant à l'égard de la gouvernance autoritaire du président et de la criminalité dans le pays.

L'opposition pourrait aussi bénéficier dans les urnes des difficultés économiques du pays, qui traverse sa deuxième année de récession avec une inflation frôlant les 30 % et des exportations en recul.

Le resserrement observé dans les intentions de vote devrait toutefois être insuffisant pour qu'on assiste dimanche à une alternance politique au sein de l'Assemblée nationale.

Chávez n'est pas certain cependant de retrouver la majorité qualifiée des deux tiers des 165 élus de l'assemblée, qui lui a permis de faire adopter sans difficulté ses réformes législatives, ses projets de nationalisation ou ses nominations à des fonctions élevées dans les principaux organes du pays.

C'est là sans doute l'enjeu principal du scrutin. Durant la campagne, Chávez a prévenu ses partisans que le scrutin serait crucial pour la suite de sa «révolution bolivarienne», que ses adversaires feraient tout pour la faire dérailler.
 
2 commentaires
  • Morin Claude - Inscrit 25 septembre 2010 15 h 04

    Désinformation encore!

    Depuis des semaines une campagne médiatique cible le Venezuela et Chavez. Les États-Unis veulent affaiblir Chavez et soutiennent par tous les moyens l'opposition afin que celle-ci ait la possibilité de bloquer les changements depuis le Parlement. Le Venezuela n'est pas le paradis. La violence y est trop élevée, mais plusieurs facteurs y concourent, dont le trafic des armes, une mélange explosif du mépris, de l'alcool, des drogues, des armes dans des quartiers pauvres, la proximité avec la Colombie, des paramilitaires armés et utilisés par l'opposition. On impute à Chavez tous les maux et aucune des solutions.
    Reuters parle dans cet article de la chute de popularité de Chavez et cite des chiffres provenant des sondages les plus défavorables à Chavez. D'autres sondages effectués par des maisons indépendantes créditent Chavez d'un appui supérieur à 54 %.
    Je souhaiterais, au nom d'une idée de la démocratie, que Chavez occupe moins de place, soit plus respectueux de ses adversaires, ne jette pas continuellement de l'huile sur le feu, contribuant à la polarisation. Mais ce serait ne pas tenir compte de la conduite incendiaire de l'opposition (que faisaient ces profiteurs avant 1998? qui se partageaient la rente pétrolière et monopolisait l'État, le parlement, l'économie) et des attentes des classes populaires qui ont beaucoup gagné avec Chavez, mais qui ont encore tant à gagner. La pauvreté a reculé grâce à une redistribution de la rente pétrolière. Les organisations de base se sont multipliées. Le microcrédit a permis l'émergence de producteurs coopératifs et petites entreprises. Les gens pauvres ont eu accès à des soins médicaux et aux aliments à des prix abordables. L'éducation a beaucoup progressé