Haïti: Luck Mervil rompt avec le CECI

Pour se concentrer uniquement à son projet Vilaj Vilaj en Haïti, Luck Mervil met en veilleuse sa carrière de chanteur et met également fin à son rôle de parrain avec le Centre d'étude et de coopération international (CECI). «Si on me voit sur une scène en train de chanter, ce sera [désormais] pour amasser des fonds pour Vilaj Vilaj», a confié Luck Mervil hier.

Ce choix signe la fin de l'association du chanteur avec le CECI. «On a mis fin à [notre] collaboration avec Luck Mervil, car il veut se concentrer uniquement sur la reconstruction en Haïti. Le CECI a besoin d'un parrain pour toutes les causes», a indiqué Carine Guidicelli, directrice des communications et de l'humanitaire pour le CECI.

Avec un ami, Parnell Pierre, Luck Mervil a mis sur pied l'organisme Vilaj Vilaj, dont la mission est de créer des villages pouvant accueillir 5000 sinistrés du tremblement de terre de Port-au-Prince. «On ne veut pas faire comme les autres. Les maisons vont être construites par les [Haïtiens] eux-mêmes sous forme de coopérative», a expliqué hier le chef d'orchestre du projet.

Le premier site va bénéficier d'un terrain de 60 hectares. La clé pour trouver un terrain en Haïti est de chercher des emplacements à l'extérieur de Port-au-Prince, selon Luck Mervil. La collaboration avec les acteurs des communes locales est également essentielle. «90 % des terres habitables ne sont pas situées à Port-au-Prince», soutient-il. Le développement de l'agriculture et de l'économie fait partie intégrante de cette vision.

Vilaj Vilaj fait appel à la générosité de la population québécoise, aux gens d'affaires et aux organisations non gouvernementales. «On veut de l'aide de tout le monde. Pour moi, il y a sept millions de partenaires possibles», estime l'initiateur du projet, qui décline l'aide financière des différents gouvernements. Le CECI entend quant à lui procéder à l'étude du projet avant d'y apporter son soutien. «Il faut être très prudent en Haïti. Luck est un rêveur, et nous sommes pragmatiques», a fait valoir Mme Guidicelli.

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Collaboration spéciale
 
5 commentaires
  • Eric Harvey - Inscrit 12 août 2010 09 h 34

    Bravo

    Vive les rêveurs (Luck) bien entourés (CECI)!! Les rêveurs ont les idées, les pragmatiques en font des réussites...belle complémentarité (en espérant que le CECI accepte d'embarquer dans le projet)

  • Gerard44 - Inscrit 12 août 2010 10 h 54

    Il faut des visionnaires

    Il faut des visionnaires qui osent l'impossible. Surtout ce type de rêveur qui s'associe avec des communautés locales, les impliquant dans le projet et non seulement des professionnels de la coopération.
    Et des pragmatiques logisticiens, comme au CECI, pour réaliser et suivre jusqu'au bout et tenir compte des gens du pays. Je me souviens de ce reportage télé sur un projet d'habitation dans un pays d'Asie où les travailleurs locaux n'avaient même pas été payés, volés par des contracteurs du pays. Et à l'ACDI on s'en lavaie les mains. Vigilance constante quand il y a des millions en jeux. Regardez comme on se bouscule pour le poste de président d'Haïti avec ce pactole de 10 milliards promis... pour la reconstruction.
    Faut donc prévoir des mécanismes serrés de suivi d'un bout à l'autre, surtout les contracteurs, et de la transparence.
    Belle audace Luck Merville! J'espère que le CECI vous appuiera.
    Gérard Laverdure, Montréal.

  • Jean-Laurent Auger - Inscrit 12 août 2010 15 h 50

    Bonne nouvelle!

    Après ces reportages désolants sur la reconstruction en Haïti, c'est encourageant de constater qu'un courageux Haïtien comme Luck Merville prenne une telle initiative. C'est une des plus belles nouvelles en provenance de ce pays jusqu'à date. Le passé de Luck Merville nous aide à comprendre que ce rêveur est d'abord et avant tout un passionné. Et cette passion sera garante de son succès, j'en suis convaincu. Ses preuves sont établies.
    Bravo, Luck Merville et souhaitons maintenant que la solidarité de tous soit au rendez-vous, et plus particulièrement celle des Haïtiens et des Québécois.

    Jean-L Auger, Montréal

  • Sophie Fournier - Abonnée 12 août 2010 19 h 57

    je trouve dommage les commentaire de madame Guidicell.

    Je trouve dommage les commentaires de madame Gudicelli. Pourquoi qualifie-t-elle Luck Merville de rêveur? Est-ce une gaucherie de communication ou si cela traduit un désaccord touchant le projet de contruction de maisons dans des conteneurs. Pourtant c'est un projet qui sur la base des informations communiquées il y a quelques jours semble intéressant, voire très intéressant.Imaginez.Des maisons anti-séisme pour une famille construites en une dizaine de jours dans un contexte de transfert d'expertise aux Haitiens.Les propos de madame Guidicelli laisse-t-il entendre que sans doute le CECI finalement ne s'engagera pas dans ce projet auquel il semblait pourtant clairement associé jusque dans les tout derniers jours. Le CECI aurait tort de bouder Luck Merville, qui concernant Haiti lui a donné une visibilité, un crédibilité et un glamour qui ont fait une différence dans la capacité de l'ONG en question de recueillir des dons.Concernant Haiti ce n'est pas le temps de se diviser. Bravo à Luck Merville que accepte de mettre sa carrière entre parenthèses par solidairité avec son pays. Et qui sait ou son engagement auprès des siens pourrait le conduire. Même pour les plus hautes fonctions dans son pays ne serait-il pas ausai crédible que l'autre chanteur? Mais ces considérations mises à part et plus immédiatment le CECI doit faire le point.

  • Tube - Inscrit 14 août 2010 08 h 44

    Un rêve

    M. Giguère dit que Luck Mervil a apporté glamour et crédibilité au CECI. Crédibilité? Je croyais naïvement que les milliers de bénévoles et de volontaires qui ont travaillé d'arrache-pied depuis plus de 50 ans avaient donné sa crédibilité au CECI. Quant au glamour... il faut se garder de confondre l'image et la réalité. Beaucoup d'organismes ont maintenant leur parrain ou leur marraine. C'est nécessaire puisque qu'ils doivent sensibiliser le public chaque fois qu'il y a une crise pour recueillir des dons. Tsunamis, tremblements de terre, inondations, feux de forêts... nous n'avons pas fini d'en voir. Hier c'était Haïti, le Golfe du Mexique, aujourd'hui c'est le Pakistan et la Russie demain ce sera où?... Car il y en aura d'autres.
    Le modèle actuel d'aide internationale semble réagir au cas par cas et être fondé sur les donateurs individuels et les grands fondations charitables privées. Mon rêve serait plutôt qu'une plus grande part des impôts de tous les Canadiens aille à l'action humanitaire et au développement international.Qu'une véritable politique nationale d'aide soit mises en place. Que ces fonds soient gérés par des employés de l'État compétents, motivés, courageux et respectés en collaboration avec les ONG et les citoyens qui se portent volontaires. Nous sommes tous responsables, au moins en partie, par notre mode de consommation, des catastrophes qui continuent de déferler sur les pays en difficultés. ll est temps que nous prenions nos responsabilités collectivement, au lieu d'y aller seulement selon le bon coeur des citoyens. M. Mervil a son rêve, que je respecte beaucoup, ça c'est le mien.