Le «Vilaj Vilaj» prend racine en Haïti

Le prototype de maison-conteneur a été préparé par Les Constructions nomades, situées à Boisbriand. Elle a été conçue pour recevoir une famille moyenne de cinq à sept membres. Séparée en trois sections, elle compte une pièce pour la cuisine, une pour la chambre des enfants et une autre pour la chambre principale.<br />
Photo: Michel Chartrand Le prototype de maison-conteneur a été préparé par Les Constructions nomades, situées à Boisbriand. Elle a été conçue pour recevoir une famille moyenne de cinq à sept membres. Séparée en trois sections, elle compte une pièce pour la cuisine, une pour la chambre des enfants et une autre pour la chambre principale.

Le savoir-faire québécois prendra racine sous peu en Haïti avec l'érection de neuf villages pouvant accueillir plus de 5000 sinistrés. Le Centre d'étude et de coopération internationale (CECI) et son parrain, Luck Mervil, annonceront ce matin la mise en chantier d'un premier «village du monde» en Haïti. Les travaux débuteront dans la région du Cap à la fin de septembre et s'étaleront sur cinq ans.

Selon nos informations, le projet, baptisé Vilaj Vilaj en créole, permettra la construction d'un premier «village du monde» en 2010. Trois villages suivront l'année suivante, pour un total de neuf en cinq ans. Le coût du projet est évalué à 25 millions de dollars. Rappelons que le CECI avait recueilli 11 millions dans les premières semaines de crise suivant le séisme du 12 janvier dernier.

Le village du monde dessiné par le CECI est antiséisme. Les maisons seront construites à partir de conteneurs usagés. Le prototype a été préparé par Les Constructions nomades, situées à Boisbriand, qui profiteront de leur séjour en Haïti pour faire d'une pierre deux coups en s'impliquant dans des projets immobiliers et hôteliers de Port-au-Prince.

«Mes partenaires et mes employés ont mis beaucoup de temps pour construire la première maison. Souvent en dehors des heures de travail et pendant la période des semaines de vacances de la construction», raconte le directeur des opérations, Martin Dufresne.

La maison-conteneur a été conçue pour recevoir une famille moyenne de cinq à sept membres. Séparée en trois sections, elle comprend une pièce pour la cuisine, une pour la chambre des enfants et une autre pour la chambre principale. Les lits et la table de cuisine sont amovibles afin de bénéficier de l'espace au maximum. Les maisonnettes pourraient être construites dans un délai de 10 jours. «On va fabriquer les maisons pour et avec les Haïtiens. On va former des gens pour qu'ils puissent être capables de reproduire le modèle par la suite», indique Martin Dufresne.

Le village intégrera les techniques et les technologies les plus récentes de construction. L'énergie solaire occupera également une grande place dans la planification des villages. Une usine d'épuration des eaux solaire fait également partie de la facture ultramoderne du concept. «Le village a été pensé pour consommer le minimum d'électricité», précise le directeur des opérations. Le prix de la maisonnette est de 7000 à 10 000 $. Le conteneur fait au Québec sera exposé dans le Quartier des spectacles sous peu. Il servira pour lever des fonds pour la construction des villages en Haïti.

Inspiré du «village du millénaire» élaboré par les Nations unies à la suite de l'adoption des objectifs du Millénaire pour le développement, le projet Vilaj Vilaj entend «promouvoir des normes de qualité de vie, de responsabilisation citoyenne et corporative plus élevées, [...] encourager l'éducation, [...] humaniser le développement économique et l'économie elle-même, [...] retrouver la confiance en l'avenir, mais surtout [...] rendre cet exercice viral», peut-on lire en introduction sur son site Internet.


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Collaboration spéciale