L'insécurité continue de régner

Les familles haïtiennes sont nombreuses et très inclusives. Le partage de la nourriture et de l'espace habitable y est courant depuis longtemps. Cela est devenu encore plus commun en raison des problèmes locatifs qui ont imposé une proximité excessive à la grande majorité des gens de tout le pays.

Cette promiscuité forcée et le manque de sécurité dans les nouveaux lieux d'habitation (camps, rues, terrains, etc.) sont des facteurs propices à certains types de violence, la violence conjugale ou familiale entre autres, et ce, malgré le fait que plusieurs nouvelles petites communautés de voisins se soutiennent mutuellement.

Les chiffres sur les viols sont encore ardus à interpréter, le sujet étant souvent difficile à aborder pour les victimes. Les cas rapportés ne permettent pas de tirer de véritables conclusions, selon les deux centres d'hébergement de la capitale, Kayfanm et SOFA, contactés par Le Devoir. Par contre, les risques engendrés par la promiscuité forcée et les problèmes structurels inquiètent les responsables de ces centres.

La violence criminelle cause également de graves problèmes, particulièrement dans certaines zones. Autant les enlèvements sont en baisse drastique, autant les vols à main armée, particulièrement ceux perpétrés à moto dans la capitale, auraient augmenté, selon Isabelle Fortin, chercheure en sécurité publique, qui se base sur des données qu'elle a colligées depuis quelques années auprès des organismes officiels (police nationale, ONU, etc.).

La police nationale, qui se fait très visible dans plusieurs quartiers du centre, peut parfois être assez lente à répondre, selon certains acteurs des milieux communautaires, bien que plusieurs dénotent aussi une certaine amélioration.

Quelques centaines de milliers d'évadés de prison ont été repris par la police. La présence de ceux encore en liberté, souvent de retour dans leur quartier d'origine, et les occasions offertes aux groupes criminalisés par le désordre des derniers mois préoccupent plusieurs habitants de certaines zones des quartiers populaires de la ville.

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Collaborateur du Devoir