Haïti - Une assurance médicale publique?

Le système de santé public avait bien mauvaise réputation avant le séisme en Haïti. On espère maintenant que la catastrophe du 12 janvier se transformera en opportunité. On retrouve aujourd'hui, un peu partout au pays, des cliniques cubaines de première ligne ainsi que des hôpitaux d'ONG qui desservent les grands camps de déplacés de la capitale.

Des discussions auraient aussi lieu en ce moment au niveau politique pour établir un système d'assurance médicale publique pour tous, ou «sécurité sociale».

L'information est confirmée par le directeur de l'Hôpital général, le docteur Alix Lassègue. «Les discussions visent l'ensemble des organismes qui devraient intervenir dans le cadre de cette protection sociale», explique-t-il dans ses anciens bureaux, qu'il vient tout juste de retrouver. «Je crois aussi que l'État a fait des offres aux hôpitaux privés pour les aider à se recapitaliser.»

Malgré la disparition de plusieurs hôpitaux privés, la plupart sont encore debout. Ils offraient les meilleurs services de santé au pays, accessibles uniquement bien sûr à ceux qui en avaient les moyens. Ils ont ouvert leurs portes gratuitement à la suite du séisme et connaissent maintenant des difficultés financières importantes. Le plus réputé d'entre eux, le CDTI, a même dû fermer ses portes et déclarer faillite.

Le ministre de la Santé publique et de la Population a aussi annoncé la semaine dernière un projet visant à offrir des soins gratuits aux moins de 6 ans, et ce, même dans les hôpitaux privés du pays.

«Il faudrait augmenter le financement des soins [courants] de santé en général, et ne pas restreindre ceci à la région métropolitaine, mais viser l'ensemble des régions du pays, ajoute le docteur Lassègue. Il faut qu'il y ait non seulement une réflexion, mais une décision politique sur le financement des soins de santé en Haïti.»

Avec l'aide de l'Union européenne et de certains groupes américains, le financement de la reconstruction des parties affectées de l'Hôpital général, où certains patients sont encore traités sous des tentes, semble aboutir. Les Suisses ont pour leur part pris en charge l'hôpital de Petit-Goâve, au sud de la capitale, qu'ils promettent de remettre sur pieds d'ici deux ans.

«Je pense que dans le secteur de la santé, la vision est précise: il y a un plan intérimaire de santé [tiré du plan global de reconstruction du gouvernement]. Les éléments, les outils, les réflexions et les perspectives sont clairs. Maintenant, ce qui est important, c'est que le financement suive.»

Le ministre de la Santé a annoncé la semaine dernière que quatre nouveaux hôpitaux publics seront construits d'ici la fin de l'année dans la région de Port-au-Prince avec l'aide du Brésil et de Cuba.

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Collaborateur du Devoir