Noriega veut rentrer au Panama

«Comme prisonnier de guerre, j'ai droit à tout ce que la convention de Genève prévoit, comme le rapatriement à la fin de la captivité», a déclaré l'ancien dirigeant, âgé de 76 ans, au cours de l'audience. Les États-Unis où il a été condamné pour trafic de drogue et où il a passé 20 ans en détention, lui ont conféré le statut de prisonnier de guerre. Selon ses avocats, le général Noriega bénéficie toujours de ce statut une fois transféré en France.

L'ancien dirigeant panaméen a fait ces premières déclarations en France lors d'une audience publique devant un juge de la liberté et de la détention du tribunal de Paris, qui a ordonné son placement en détention dans l'attente de son procès. Ses avocats ont annoncé leur intention de faire appel de cette décision.

Cheveux de jais coiffés en arrière, chemise blanche et blouson de toile noir, l'homme, dont les traités sont tirés et le dos voûté, est apparu physiquement diminué, mais son regard était vif.

Il était arrivé tôt hier matin à Paris, à bord d'un vol de la compagnie Air France, en provenance de Miami, après une décision américaine de l'extrader vers la France. «Nous allons tout faire pour démontrer que sa place n'est pas en France, que cet homme doit rentrer dans son pays, le Panama, qui d'ailleurs le demande également», a affirmé l'un de ses avocats français, Olivier Metzner. Il a ajouté que Noriega, «sous traitement médical», était «très affaibli». Noriega a déjà été jugé en France en 1999 et condamné par défaut à 10 ans de prison. Lors de ce procès, tenu en son absence, la justice française l'a reconnu coupable d'avoir blanchi en France plusieurs millions d'euros provenant du cartel de la drogue de Medellin.

Noriega a été condamné au Panama à 54 ans de prison pour son implication dans la disparition et le meurtre d'opposants entre 1968 et 1989.