Séisme au Chili - Michelle Bachelet défend sa gestion de la crise

La présidente sortante du Chili a défendu hier sa gestion post-séisme et a tenté de rassurer une population sinistrée, inquiète et critique. Michelle Bachelet a appelé les Chiliens à se concentrer sur l'aide et les efforts de reconstruction et a écarté les risques de pénurie de nourriture, d'eau et de carburant, quatre jours après le puissant tremblement de terre suivi d'un tsunami qui a tué environ 800 personnes.

La tension reste palpable dans les zones dévastées, principalement dans les hameaux isolés. Une brève alerte au tsunami a d'ailleurs semé la panique hier après une réplique.

«À la campagne, nous n'avons rien reçu. Nous avons besoin d'eau, de couches et de lait», a confié à l'AFP une mère de Puerta Verde, à 8 kilomètres de la ville de Constitución.

«7000 rations sont arrivées hier, aujourd'hui, 14 000 et à partir de jeudi, j'en espère 20 000 par jour», répond Laura Albornoz, une ex-ministre de la Femme qui coordonne l'aide aux récriminations des habitants.

Quelque 14 000 militaires assurent la sécurité de la région de Concepción, durement touchée par la catastrophe. Cette manifestation de force a freiné les pillages et les violences.

La présidente Michelle Bachelet, dont le mandat se termine le 11 mars prochain, a affronté une pluie de critiques. Plusieurs lui reprochent d'avoir tardé à mesurer l'ampleur du séisme et à organiser l'aide nécessaire. Les médias jugent sévèrement la chef d'État. Le quotidien La Tercera estime que les pillages et la violence démontrent la «faiblesse incompréhensible et la lenteur» des autorités. El Mercurio, considéré comme le journal de référence au Chili, a appelé le nouveau président de droite Sebastián Piñera à restaurer l'espoir au pays.

«Les gens auront toujours l'impression qu'on aurait pu faire mieux», s'est défendue Michelle Bachelet, mais la réalité est que, vu l'étendue de la destruction, ce sera toujours insuffisant.»

Le séisme a aussi ébranlé l'économie du pays de 17 millions d'habitants. Air Worldwide, une entreprise-conseil de Boston, estime à 15 milliards de dollars le coût de la catastrophe.

Pour le moment, aucune victime n'est à déplorer parmi les ressortissants canadiens au Chili. Au dernier bilan, 138 d'entre eux manquent toujours à l'appel.

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Avec l'AFP, Reuters et AP