L'aide humanitaire et militaire fait son chemin au Chili

Les soldats déployés au centre du Chili sont là principalement pour ramener et maintenir l’ordre, alors que les pillages et les vols se sont multipliés depuis samedi, souvent pour une question de survie ou pour manifester contre les autorités.
Photo: Agence France-Presse (photo) Claudio Santana Les soldats déployés au centre du Chili sont là principalement pour ramener et maintenir l’ordre, alors que les pillages et les vols se sont multipliés depuis samedi, souvent pour une question de survie ou pour manifester contre les autorités.

Les soupes populaires, les véhicules remplis de vivres et les camions-citernes transportant 5000 litres d'eau potable se sont ajoutés hier au paysage brisé du centre du Chili. L'aide humanitaire parvient à la population, quatre jours après qu'un séisme et un tsunami ont tué 795 personnes et ébranlé le pays.

Les deux millions de personnes touchées par les deux catastrophes naturelles commencent à recevoir des couvertures, des médicaments, de l'eau potable et de la nourriture, tandis que 14 000 soldats ont été déployés pour assurer leur sécurité.

L'aide humanitaire a mis du temps à faire son chemin, puisque plusieurs routes et ponts ont été détruits. Elle est toutefois d'un grand secours dans la région centre du pays puisque le prix des denrées de base, comme le pain et le lait, est monté en flèche ces derniers jours.

«Le réseau de distribution est opérationnel et le gros de l'aide a commencé», a indiqué la directrice du bureau national des urgences, Carmen Fernandez, précisant que 5000 logements de secours ont été distribués hier.

Le gouvernement chilien a dépêché une cinquantaine d'avions, des hélicoptères et des bateaux, hier, pour accélérer cette aide. Des Chiliens se sont d'ailleurs rapidement entassés autour des soldats débarqués des hélicoptères, hier, à Constitución, dans l'espoir d'obtenir des vivres.

«Nous allons apporter de l'aide partout où les gens en ont besoin», a assuré la présidente du Chili, Michelle Bachelet.


Pillages et vols

Les soldats déployés au centre du Chili sont là principalement pour ramener et maintenir l'ordre, alors que les pillages et les vols se sont multipliés depuis samedi, souvent pour une question de survie ou pour manifester contre les autorités.

Le témoignage du maire de Hualpén, une commune en périphérie de la ville de Concepción, illustre de façon juste les craintes de milliers de Chiliens devant ces perturbations. «Les délinquants ont pris la ville, a déclaré le maire Marcelo Rivera. On n'a pas peur des tremblements de terre, on a peur des criminels.» Des milliers de Chiliens se sont d'ailleurs organisés en groupes d'autodéfense ces derniers jours pour protéger ce qui reste de leurs biens. Ils vont jusqu'à barricader leurs rues.

Les couvre-feux sont maintenus dans les villes de Talca, Cauquenes et Constitución et celui de la ville de Concepción a quant à lui été allongé hier, et est en vigueur dès 18h.

La valeur des dégâts qu'ont causés le tremblement de terre et le tsunami est estimée à 15 milliards de dollars, selon Air Worldwide, une société d'évaluation des risques. Quelque 1,5 million de maisons se sont effondrées ou ont été endommagées.


Soutien international

La présidente Bachelet, qui terminera son mandat dans moins de dix jours, a fait hier un appel d'aide à l'international pour obtenir des générateurs de courant. Une demande à laquelle la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, de passage dans la capitale, Santiago, n'a pas pu répondre dans l'immédiat. Elle a plutôt donné une vingtaine de téléphones satellitaires à la présidente. «C'est tout ce que nous pouvions emporter dans l'avion tout de suite», s'est désolée Mme Clinton. Les États-Unis se sont toutefois engagés à envoyer des ponts provisoires, des systèmes de purification d'eau, un hôpital de campagne, des génératrices et des appareils de dialyse.

Le Canada a quant à lui annoncé hier qu'il verserait jusqu'à deux millions de dollars pour venir en aide aux victimes du tremblement de terre. La contribution canadienne vise à répondre aux besoins d'urgence des sinistrés.

«Nous travaillons étroitement avec le gouvernement du Chili et nos partenaires internationaux afin de répondre aux besoins des Chiliens touchés par cette catastrophe», a déclaré dans un communiqué la ministre de la Coopération internationale, Beverley J. Oda.

Quelque 256 ressortissants canadiens manquent toujours à l'appel, a quant à lui informé le ministère canadien des Affaires étrangères.

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Avec l'Agence France-Presse et Reuters