Chili: alerte au pillage, et poursuite des recherches

Deux jours après le séisme qui a fait au moins 723 morts au Chili, les sauveteurs poursuivaient leurs recherches aujourd’hui pour essayer de retrouver des rescapés coincés sous les décombres de bâtiments. Les forces de l’ordre, qui tentent de prévenir les pillages, ont de leur côté arrêté des dizaines de personnes n’ayant pas respecté le couvre-feu imposé dans plusieurs villes du pays.

Parallèlement, les Nations unies ont annoncé qu’elles enverraient de l’aide au Chili, la présidente Michelle Bachelet ayant officiellement demandé aujourd’hui une assistance internationale.

Mme Bachelet avait évoqué dimanche «une situation d’urgence sans équivalent dans l’histoire du Chili». Le séisme de magnitude 8.8 qui a frappé le centre du pays samedi matin, a fait 723 morts, 19 disparus, et détruit ou provoqué des dégâts importants sur 500 000 maisons, selon un dernier bilan fourni aujourd’hui par les autorités.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a toutefois dit s’attendre à une augmentation du bilan des victimes dans les jours qui viennent. Certaines villes côtières, d’abord frappées par le séisme, puis submergées par un tsunami, ont été anéanties.

Concepcion, la plus touchée

Concepcion, la deuxième ville du pays avec 200 000 habitants, située à 500 km au sud de la capitale, a été particulièrement touchée. Lundi, les sauveteurs ont entendu du bruit provenant de rescapés coincés sous les décombres d’un immeuble d’habitation. Ils ont commencé à percer des trous dans les murs pour essayer de les atteindre, a annoncé le commandant des sapeurs-pompiers, Juan Carlos Subercaseux.

Les pompiers ont déjà retiré 25 survivants du bâtiment, ainsi que huit personnes décédées.
Seul le bruit des hélicoptères militaires survolant la zone rompait par moments le silence réclamé par les secouristes essayant d’entendre les rescapés bloqués.

Le maire, Jacqueline van Rysselberghe, a déclaré à Radio Cooperativa que de l’aide alimentaire arrivait lundi dans la ville pour être distribuée aux sinistrés. L’électricité n’avait toujours pas été rétablie, et il était difficile de trouver de l’eau potable.

Le chef de la police de Conception, Eliecer Soler, a confié pour sa part que 55 personnes avaient été arrêtées pour avoir violé un couvre-feu imposé afin de tenter d’éviter les pillages. Les militaires envoyés par Michelle Bachelet patrouillaient en ville pour renforcer la sécurité. Quelques personnes ont toutefois encore réussi à piller un marché lundi.

Selon la porte-parole du Bureau des affaires humanitaires de l’ONU, Elisabeth Byrs, les autorités chiliennes ont besoin de ponts provisoires, d’hôpitaux de campagne, de téléphones satellites, de générateurs électriques, d’équipes pour évaluer les dégâts, de systèmes de purification d’eau et de centres de dialyse.

«Nous sommes prêts à fournir une aide», a déclaré Elisabeth Byrs à l’AP à Genève. «Cela va aller vite, étant donné que nos experts sont prêts et ont été alertés dans la région.»
Avant la demande d’aide chilienne, des organisations humanitaires internationales avaient déjà envoyé des fonds et des experts sur place. Mais leur action était limitée, les autorités chiliennes étant occupées à évaluer l’ampleur des dégâts et les besoins pour les quelque deux millions de personnes affectées.

L’Argentine a aussi annoncé qu’elle envoyait six avions contenant notamment un hôpital de campagne, 55 médecins et du matériel de traitement des eaux. La secrétaire d’État Hillary Clinton, au cours d’une visite en Uruguay, a également offert de fournir une aide des États-Unis aux sinistrés.