Violent tremblement de terre au Chili

Ponts effondrés, routes éventrées, bâtiments écroulés, et un bilan provisoire de 147 morts: le centre du Chili a été durement frappé, tôt ce matin, par un violent séisme de magnitude 8,8 qui a fait d'importants dégâts. Une alerte au tsunami a été déclenchée dans une cinquantaine de pays et territoires bordant le Pacifique, où des vagues d'ampleur sont attendues dans les 24 heures suivant la secousse.

Les sirènes ont ainsi retenti à travers l'archipel américain d'Hawaï, où l'alerte au tsunami était maximale et où on attendait les premières vagues dans l'après-midi. Aux Samoa américaines, ordre a été donné d'évacuer les villages de la côte vers les hauteurs, tout comme aux Tonga. Aux Fidji, on s'attendait à des vagues susceptibles d'atteindre 2,3 m sur le nord et l'est de l'archipel.

Une alerte a également été déclenchée en Polynésie française, où les premières vagues -de moins d'un mètre- ont touché l'archipel des Gambier, à 1700 km de Papeete. État d'alerte également dans plusieurs pays d'Asie, en Australie, en Nouvelle-Zélande, sur la côte ouest des États-Unis et en Colombie-britannique.

Le séisme est survenu à 3h34 du matin heure locale. Son épicentre a été localisé à une profondeur de 35 km dans l'océan Pacifique, à 115 km de Concepcion, où vivent plus de 200 000 habitants. La violente secousse a été ressentie jusque dans la capitale argentine Buenos Aires, et à Sao Paulo, au Brésil, à 2 900 km à l'est de l'épicentre.

Au Chili, la terre a tremblé pendant plus d'une minute et une trentaine de répliques ont ensuite été ressenties, dont une atteignant 6,9. La présidente sortante Michelle Bachelet a déclaré l'état de catastrophe naturelle dans le centre du pays mais n'a pas demandé d'aide de pays étrangers.«Le système fonctionne. La population doit rester calme. Nous faisons tout ce que nous pouvons avec les forces dont nous disposons», a-t-elle déclaré.

L'eau, l'électricité et le téléphone étaient coupés dans plusieurs régions du pays, perturbant les opérations de secours et la communication de bilans plus précis. La circulation entre le nord et le sud du pays était également rendue difficile par les nombreux ponts effondrés et les routes endommagées.

A Santiago, les édifices récents sont bâtis aux normes antisismiques mais des bâtiments plus anciens n'ont pas résisté à la secousse. Le clocher de l'église Notre-Dame de la Providence s'est écroulé. Le parking à deux niveaux d'un immeuble d'habitation s'est affaissé, écrasant une cinquantaine de voitures.

Plusieurs hôpitaux de la capitale chilienne ont été évacués en raison de dégâts sur les bâtiments, selon Michelle Bachelet. Le métro était fermé samedi, et plusieurs centaines de bus étaient bloqués dans leur terminal en raison d'un pont endommagé, selon le ministère des Transports. L'aéroport de la ville devait rester fermé pendant au moins 24 heures en raison de dégats importants dans le terminal passager, selon son directeur Eduardo del Canto.

A Concepcion, un immeuble d'une quinzaine d'étages s'est écroulé et les blessés étaient transportés sur des civières dans les rues de la ville. A Talca, située à seulement 105 km de l'épicentre, le centre ville historique a été en grande partie détruit.

Les côtes pacifiques du Chili, du Pérou et de l'Equateur sont situées à la jonction des plaques tectoniques de Nazca et d'Amérique du Sud. Il s'agit d'une des régions sismiques les plus actives du monde. Le plus violent séisme jamais enregistré (magnitude de 9,5) avait frappé cette même région du Chili, le 22 mai 1960, faisant plus de 1700 morts.