Honduras - L'opposition reprend les manifestations

Tegucigalpa — Quelque 10 000 Honduriens ont manifesté hier à Tegucigalpa contre le nouveau président Porfirio Lobo, investi fin janvier, en réclamant une assemblée constituante et l'arrêt des assassinats politiques.

La manifestation était organisée par le Front national de résistance populaire, nouveau nom du mouvement résistance au coup d'État de juin 2009. Il a été rejoint par les enseignants, dont les six syndicats nationaux ont cessé le travail pour rejoindre le cortège devant le Parlement, gardé par des militaires.

«Nous réclamons la Constituante, le respect des droits de la personne, l'arrêt des assassinats politiques, la fin de la corruption», a déclaré le porte-parole habituel du Front, Rafael Alegria. Le Front n'avait pratiquement jamais cessé de manifester après le coup d'État.

«Rien n'a changé dans ce [nouveau] gouvernement. On assassine les gens», a accusé M. Alegria, citant la découverte du corps d'une militante reconnue du Front, Claudia Brizuela, mercredi à San Pedro Sula (nord-ouest).

Mardi, le Comité national de familles de détenus disparus (COFADEH), organisation privée opposée au coup d'État, avait déjà affirmé que la présidence Lobo était entachée de deux assassinats politiques et de huit cas de torture.

Le président déchu, Manuel Zelaya, aujourd'hui réfugié en République Dominicaine, préparait la convocation d'une assemblée constituante quand il a été arrêté par les militaires et exilé à l'aube le 28 juin.

Les auteurs du coup d'État lui ont reproché de vouloir modifier la Constitution pour briguer un mandat présidentiel supplémentaire. Ils s'opposaient aussi au virage à gauche qu'il avait imprimé au Pays.