Harper fait une visite éclair en Haïti

Plusieurs voix s’élèvent pour réclamer la démission du président Haïtien, René Préval, taxé d’incompétence.
Photo: Agence Reuters Kena Betancur Plusieurs voix s’élèvent pour réclamer la démission du président Haïtien, René Préval, taxé d’incompétence.

À peine rentré de Vancouver où il a assisté au coup d'envoi des Jeux olympiques, Stephen Harper s'envolera ce matin pour un voyage éclair de deux jours en Haïti, où il prendra la mesure du séisme qui a fait au moins 217 000 morts et jeté plus d'un million de personnes à la rue. Le premier ministre du Canada constatera les efforts des Forces canadiennes pour remettre les villes de Jacmel et de Léogâne sur pied après le séisme du 12 janvier.

Il doit aussi rencontrer le président d'Haïti, René Préval, ainsi que le premier ministre, Jean-Max Bellerive. Sa visite intervient alors que plusieurs voix s'élèvent pour réclamer la démission du président Préval, taxé d'incompétence à la suite du tremblement de terre, et que d'autres appellent à la formation d'un nouveau gouvernement.

Une poignée d'élus haïtiens, dont la sénatrice Edmonde Beauzile, estiment que le gouvernement actuel est «dépassé par la situation». «Le premier ministre Bellerive donne l'impression qu'il ne coordonne pas l'action gouvernementale», lance Mme Beauzile.

L'élue socialiste souhaite voir un «gouvernement renforcé», notamment par la création de deux postes clés, où leurs titulaires seraient responsables de l'emploi et du logement. «Nous sommes dans une dynamique pour établir un gouvernement réduit, constitué de gens compétents, qui devraient avoir un programme bien défini», souligne-t-elle.

Le Conseil national des partis politiques demande pour sa part la convocation d'états généraux des «secteurs vitaux de la nation». «Il faut à notre pays une nouvelle direction pour faire face avec compétence et honnêteté à la situation et répondre aux attentes de la population en détresse», affirme un de ses dirigeants, Osner Févry, à l'Agence France-Presse.

«Le gouvernement a toujours été en prise avec les événements et contrôle la situation. Ce que je propose c'est de mettre en place un gouvernement de crise, ce qui ne veut pas dire forcément un remaniement», rétorque Jean-Max Bellerive.

Le parti politique Groupement solidarité revendique un déclenchement imminent d'élections législatives. «Le moment est venu de faire appel à d'autres dirigeants en organisant des élections, car nous ne pouvons pas garder à la tête du pays des hommes et des femmes sans sensibilité éthique, sans aucune dignité, sans aucune fierté haïtienne.»

Le Conseil électoral a reporté sine die, dans le chaos qui a suivi le séisme, les élections de la Chambre des députés et du tiers du Sénat. «Le pays n'est pas prêt pour de nouvelles élections. Honnêtement, on ne peut pas organiser un scrutin sous des tentes», croit le député Jean-Marcel Luméran, qui appuie au contraire l'idée de prolonger le mandat des membres du gouvernement de Jean-Max Bellerive et du parlement haïtien pour 18 mois.

«Il faut penser les choses calmement, car nous n'avons pas besoin d'une crise politique», ajoute la candidate aux élections présidentielles de 2011 Myrlande Manigat. La secrétaire générale du Rassemblement des nationaux progressistes et ancienne première dame se dit en faveur d'un gouvernement d'union nationale. «Il y a des indices qui font craindre une crise sociale à cause de l'accumulation des frustrations, ce qui peut déboucher sur une éruption de colère incontrôlable», dit-elle.

Reprise des vols commerciaux

L'aéroport international de Port-au-Prince accueillera à nouveau cette semaine les vols commerciaux de compagnies aériennes, pour la première fois depuis le tremblement de terre qui a détruit sa tour de contrôle. La compagnie aérienne American Airlines assurera sa première liaison avec Haïti vendredi, suivie par Air Canada et Air France, a fait savoir hier le général Darryl Burke. Depuis le séisme, l'aéroport a été transformé en plaque tournante des secours par avions militaires.

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Avec l'Agence France-Presse
1 commentaire
  • Ronald CAZEAU - Inscrit 15 février 2010 11 h 24

    IL EST TROP POUR UNE TELLE DEMANDE ( DEMISSION DU PRESIDENT D'HAITI)

    Je pense ce n'est pas le moment un mois après le séisme pour que les polyticiens haïtiens puissent demander la démission du président Réné Preval, personne dans une telle circonstance fera mieux, oui il y a des faiblesses de sa part.
    Cependant, je démande à tous les peuples haïtiens soient prudent avec les polyticiens qui n'ont rien fait pour ce pays, en ce moment si quelqu'un cherche à destabiliser le gouvenemen,t le pays tombera plus dans le chaos total jamais il se relèvera.