Trop tôt pour parler de reconstruction

Quatre semaines après le tremblement de terre qui l'a secoué, Haïti entre dans une phase de transition et il est trop tôt encore pour parler de reconstruction, estime la Croix-Rouge canadienne.

Pour le moment, l'heure est aux préparatifs en raison des pluies qui vont éventuellement s'abattre sur Haïti.

C'est le message qu'a lancé le secrétaire général et chef de la direction de la Croix-Rouge canadienne, Conrad Sauvé, qui a rencontré la presse hier, dans le cadre de la réunion de 25 sociétés nationales de la Croix-Rouge sur l'aide en Haïti, qui se déroule à Montréal hier et aujourd'hui.

«La très grande préoccupation, c'est la stabilisation. On n'est pas dans une situation stable encore en Haïti; il y a une préoccupation très élevée quant à la saison des pluies qui approche, pour laquelle on doit se préparer», a rapporté M. Sauvé.

«On aimerait parler de reconstruction, mais on s'aperçoit qu'on doit se concentrer vraiment sur la phase de transition et sur l'importance de l'urgence», a-t-il ajouté.

Et l'aspect le plus urgent, à l'heure actuelle, est de trouver des abris plus solides que de simples tentes, à cause de la saison des pluies qui va bientôt sévir. «C'est ça, l'enjeu. C'est une très grosse commande, c'est une urgence en fait.» Il aimerait avoir des abris avec une armature solide, qui pourrait éventuellement recevoir du bois, lorsqu'il sera question de penser à plus long terme.

M. Sauvé rapporte que les sociétés nationales de la Croix-Rouge qui oeuvrent en Haïti n'ont pas éprouvé de problèmes de coordination. «En ce moment, la coordination au niveau des Croix-Rouge sur le terrain est excellente. [Ce qu'il faut faire], c'est regarder les prochaines phases et de bien se préparer ensemble», a ajouté M. Sauvé, expliquant ainsi la teneur des discussions qui ont cours, ces jours-ci à Montréal.


L'aide d'Ottawa

La ministre de la Coopération internationale, Beverly Oda, a aussi pris la parole lors du sommet, rappelant notamment que l'aide humanitaire des Canadiens totalisait maintenant 116 millions de dollars, une somme que le gouvernement fédéral s'est engagé à égaler.

«Haïti était le pays le plus pauvre de son hémisphère. Il manquait de services de base, de système de santé public, de système public d'éducation; son économie ne croissait pas. Quand un tremblement de terre comme ça frappe Haïti, ç'a un effet dévastateur. Nous voulons rebâtir Haïti, non pas où il était avant le tremblement de terre, mais faire un meilleur Haïti, de façon à ce que tous les services de base soient là», a affirmé la ministre Oda.

Parmi les sociétés de la Croix-Rouge présentes au sommet de Montréal, on retrouve aussi celles de la Colombie, des États-Unis, d'Haïti bien sûr, de l'Italie, de la Grande-Bretagne, du Mexique, de la Suisse et de l'Espagne.