Un haïtien survit 27 jours dans les décombres

L’Union des nations sud-américaines s’est engagée hier à remettre 300 millions de dollars à Haïti pour soutenir sa reconstruction.
Photo: Agence France-Presse (photo) Thony Belizaire L’Union des nations sud-américaines s’est engagée hier à remettre 300 millions de dollars à Haïti pour soutenir sa reconstruction.

Un homme émacié semble avoir survécu 27 jours sous les décombres de Port-au-Prince, une histoire miraculeuse qui tranche avec le quotidien de la capitale haïtienne où les habitants peinent à trouver des médicaments et un emploi.

Des médecins qui ont soigné Evans Monsigrace, 28 ans, ont affirmé hier qu'ils pensaient qu'il avait survécu dans les ruines au séisme du 12 janvier, qui a fait plus de 200 000 morts.

Le jeune homme a été amené lundi à l'hôpital de campagne de l'Université de Miami à Port-au-Prince par sa famille. «Il était très amaigri et avait l'air assez déshydraté», a dit le Dr Dushyantha Jayaweera. Le rescapé a été découvert par des ouvriers qui déblayaient des ruines, selon le récit de sa mère. Evans Monsigrace a raconté aux médecins de l'hôpital qu'il avait été enseveli alors qu'il était en train de faire cuire du riz. «Étonnamment, il s'en est sorti après 27 jours. C'est incroyable», a dit le Dr Jayaweera, précisant que le patient est dans un état stable. «Aujourd'hui il est alerte, avec le sens de l'orientation. Le pronostic est très bon.»


300 millions

À Quito, l'Union des nations sud-américaines (Unasur) s'est engagée hier à remettre 300 millions de dollars à Haïti pour soutenir sa reconstruction après le séisme du 12 janvier. Les 12 pays membres de l'organisation s'engagent à remettre 100 millions de dollars à Haïti et à demander à la Banque interaméricaine de développement (BID) un prêt de 200 millions de dollars, également pour lui porter secours.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a pour sa part décidé de suspendre la fourniture de médicaments gratuits aux cliniques privées et aux ONG, après avoir appris que certains patients devaient payer pour en bénéficier. «On nous a rapporté que des hôpitaux faisaient payer les patients pour leur traitement. Il faut éviter ce type d'abus. Seuls les hôpitaux publics vont continuer à recevoir les médicaments gratuitement», a déclaré à l'AFP la porte-parole de l'OMS, Marie-Agnès Heine.

Par ailleurs, le juge haïtien chargé de l'affaire des dix Américains poursuivis pour enlèvement d'enfants a entendu hier certains de leurs parents haïtiens et plusieurs inculpés. Le père d'un de ces enfants a assuré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, avoir donné de plein gré son fils de 15 ans «pour des soins médicaux».