Colombie - Les narcos décrètent une trêve à Medellin

Bogotá — La guerre opposant plusieurs bandes de narcotrafiquants à Medellin, qui a coûté la vie en 2009 à des centaines des personnes, aurait été suspendue à la suite d'une trêve accordée par leurs chefs.

Jaime Jaramillo, membre de de la Commission nationale de réparation et réconciliation, qui supervise la démobilisation de milices paramilitaires souvent alliées au narcotrafic, a assuré à Radio Caracol «qu'un pacte de non-agression», avait été passé, entraînant «une diminution considérable des homicides».

Selon le responsable, la trève a été conclue entre les principales factions de la «Oficina del Envigado», organisation de tueurs à gages au service du trafic de drogue implantée notamment à Medellin (400 km au nord-ouest de Bogotá).

D'après les autorités, trois bandes, dirigées respectivement par Maximiliano Bonilla, alias «Valenciano», Erick Vargas alias «Sebastián» et Jader Botero, alias «Gancho», s'opposent au sein de cette organisation.

Lundi, El Espectador, un des principaux journaux colombiens, avait fait état de cette trêve accordée à partir du 1er février, soulignant que les homicides avaient considérablement baissé.

«Juan» appartenant à une de ces bandes, a pour sa part déclaré hier avoir reçu «l'ordre la semaine dernière de cesser le feu. Pour l'instant, plus de balles, toutes les bandes sont prévenues. La police est très présente. Nous pouvons désormais circuler dans des rues où nous ne pouvions pas passer», a-t-il ajouté.

À Medellin, 2,3 millions d'habitants, la police a rapporté en 2009 une hausse de 64 % des homicides, passant de 871 en 2008 à 1432.

Les gangs qui s'opposaient seraient contrôlés par d'ex-paramilitaires cherchant à faire main basse sur le trafic de drogue, les extorsions et d'autres commerces illicites.

Selon la presse, le conflit aurait été déclenché par l'extradition aux États-Unis en 2008, de Diego Fernando Murillo, alias «Don Berna», l'un des chefs des milices d'extrême droite des Autodéfenses unies de Colombie (AUC), aujourd'hui dissoutes.