Des Américains sont arrêtés pour trafic d'enfants à Port-au-Prince

Un groupe de dix Américains a apparemment tenté d’enlever 33 enfants haïtiens, dont ce tout-petit de 33 mois, alors que le chaos règne dans le pays depuis le séisme du 12 janvier. L’organisation non gouvernementale SOS Villages d’enfants assure que plusieurs de ces enfants âgés de 2 mois à 12 ans ont encore de la famille.
Photo: Agence France-Presse (photo) Roberto Schmidt Un groupe de dix Américains a apparemment tenté d’enlever 33 enfants haïtiens, dont ce tout-petit de 33 mois, alors que le chaos règne dans le pays depuis le séisme du 12 janvier. L’organisation non gouvernementale SOS Villages d’enfants assure que plusieurs de ces enfants âgés de 2 mois à 12 ans ont encore de la famille.

Port-Au-Prince — La police haïtienne détenait hier dix ressortissants américains, membres d'une association chrétienne, accusés par Port-au-Prince d'avoir «volé» 33 enfants à la faveur du séisme du 12 janvier, qui fait craindre une résurgence du trafic d'enfants.

«Dix Américains sont détenus par les autorités haïtiennes pour violation présumée des lois haïtiennes sur l'immigration», a indiqué l'ambassade des États-Unis à Port-au-Prince, à propos de cette affaire qui évoque celle de L'Arche de Zoé en 2007 entre la France et le Tchad.

Samedi, le ministre haïtien des Affaires sociales et du Travail, Yves Christallin, avait annoncé que dix Américains, cinq hommes et cinq femmes, avaient été appréhendés près de la frontière dominicaine, en compagnie d'une trentaine d'enfants qu'ils avaient selon lui «volés». Ils étaient à bord d'un bus avec 33 enfants de 2 mois à 14 ans, a précisé la ministre de la Communication, Marie Laurence Jocelyn Lassegue.

«Lorsqu'on leur a demandé les documents concernant les enfants, ils n'en avaient pas, a-t-elle précisé. La police a décidé de conduire l'autobus à Port-au-Prince.»

À la direction centrale de la police judiciaire où le groupe était détenu, la porte-parole du groupe, Laura Silsby, a déclaré à l'AFP: «Nous ne sommes venus que pour aider les enfants. Nous avions de bonnes intentions.»

«Nous voulions aider ceux qui ont perdu des parents lors du tremblement de terre ou étaient abandonnés», a-t-elle ajouté.

Elle n'a pas pu donner de précision sur la suite de la procédure qui les attendait et s'ils devaient être présentés à un juge aujourd'hui.

Une enquête est ouverte

Elle et ses compatriotes sont des baptistes membres d'une association caritative baptisée «Le refuge pour une nouvelle vie des enfants», basée dans l'Idaho (nord-ouest des États-Unis).

Selon le directeur général de la police, Mario Andresol, deux complices haïtiens présumés sont également détenus.

Une enquête a été ouverte pour déterminer dans quelles circonstances les Américains sont entrés en possession des enfants qui ont été placés par les autorités dans un centre d'accueil à Croix-des-Bouquets, à une trentaine de kilomètres de la capitale.

«La plupart des enfants ont encore de la famille», a indiqué Patricia Vargas, directrice régionale de ce centre d'accueil de l'association SOS Children's Village.

«En parlant avec des enfants plus grands, âgés de plus de sept ans, nous avons appris que leurs parents sont en vie. Certains nous ont donné des adresses et des numéros de téléphone», a précisé Mme Vargas. Une petite fille, âgée de quelques mois a été hospitalisée samedi, souffrant de malnutrition.

Des personnes se présentant comme des parents se sont présentées auprès du centre, mais les enfants ne leur ont pas été encore remis, a indiqué Mme Jeanne-Bernard Pierre, directrice de l'Institut haïtien du bien-être social, chargé des adoptions en Haïti.

De nombreux enfants ont été adoptés depuis le tremblement de terre qui a dévasté Haïti le 12 janvier, faisant 170 000 morts et jetant à la rue un million de personnes. La France a ainsi accueilli 226 enfants depuis le séisme, a indiqué l'ambassade.

Hier était aussi l'occasion pour des milliers de réfugiés massés dans des camps de fortune à Port-au-Prince de chercher du réconfort au cours d'offices religieux, catholiques ou protestants.

Du camp du quartier de Canapé vert s'élevaient des prières, des chants et de la musique. «Je suis venue prier pour mes morts et mes blessés», a expliqué à l'AFP Adeline Coquillon, 25 ans, réfugiée dans ce camp, alors qu'elle participait à un office.

En d'autres endroits, selon des points fixes de distribution désignés récemment par l'ONU, des Casques bleus assistés de soldats américains distribuaient des sacs de riz de 25 kilos, conséquence d'une décision du Programme alimentaire mondial (PAM) qui souhaite mieux distribuer l'aide alimentaire en la confiant aux femmes.
4 commentaires
  • KARL ARISTIDE - Inscrit 1 février 2010 10 h 07

    C'est pas évident

    Oui c'est évident que tout cela passe comme ça,puisse que les Organismtes qui Humanitaires ne veulent pas engager des gens qui connaissent le coutume des haitiens.En raison pour qu'ils fassent ce qu"ils veulent sous le nom d'aide Humainitaire.Ils se sont envoyer leurs proches et leurs amis sur le terrain et leurs offre un idemnité de 704$ dollars par jour tout cela au nom d"aide Humanitaire.tandis que des gens qui connaissent mieux les besoins primaires des haitiens ne sont meme pas pris en compte,en un mot Cet aide reste inapercu puisque cela se distribue entre eux,le seul perdant est tjrs les gens au de qui l'aide a ete distribue

  • Wu Ying Zhan - Inscrit 10 mars 2010 19 h 52

    Sont-ils fous ces Américains ?

    Permettez-moi de vous remercier pour votre article du 1 février au sujet des Américains qui ont été arrêtés pour le trafic d’enfants en Haïti. L’avenir incertain des enfants affectés par le séisme nous rappelle le tsunami de 2004 et, tout particulièrement, les enfants qui étaient exploités par les trafiqueurs pendant ce désastre en Asie. Je vous félicite d’avoir garder votre article objectif même en face des circonstances difficiles et surtout ambiguës dans cette histoire. Je crois que vous avez réussi à présenter l’information d’une manière qui nous laisse, les lecteurs, faire nos propres conclusions concernant la culpabilité des dix Américains. Il est cependant dommage que vous n’ayez pas inclus des témoignages des parents ou d’autres relations familiales des enfants enlevés.
    Permettez moi de dire que ces dix accusés se sont comportés d’une manière typiquement américaine ; ils ont fait leur travail unilatéralement. Bien que cette association caritative ait des intentions nobles, elle a négligé de suivre les bonnes procédures légales d’un autre pays. Le gouvernement haïtien a pris une position de zéro tolérance concernant le trafic d’enfants mais comme ce cas n’est que créé par la négligence, sont effort et ses ressources peuvent être appliqués quelque part d’autre. Tous irresponsables que soient ces Américains, ils ne me semblent guère des trafiqueurs et mon esprit canadien me dit qu’eux aussi ont le droit d’être pardonnés. En même temps, j’aimerais savoir comment ce groupe est arrivé à obtenir ces 33 enfants qui étaient placés dans un centre d’accueil. Les dix Américains ne sont pas des trafiqueurs mais des humanistes un peu trop enthousiastes qui n’ont pas fait l’effort de se renseigner sur la loi du pays.

  • Makhala Taylor-Dube - Inscrit 10 mars 2010 22 h 19

    « Orphelins ? : L’arrêt des Américains en Haïti »

    Je tiens à vous féliciter pour votre article du 1er février. Ayant lu avec intérêt votre reportage concernant l’arrêt des Américains accusés d’avoir trafiqué des enfants haïtiens à Port-au-Prince, je tenais à vous dire qu’il est de grande importance que vous ayez signalé la situation des enfants affectés par le séisme. Il est navrant que des individus d’une organisation religieuse s’engagent dans ce type d’action sans suivre les bonnes procédures. Bien qu’ils aient eu de bonnes intentions, ils étaient naïfs de croire qu’ils pouvaient prendre ces enfants sans vérifier s’ils étaient vraiment des orphelins. De plus, ils voulaient les prendre avec eux et les envoyer pour être adoptés dans d’autres pays. Par contre, je suis fière des efforts du gouvernement haïtien parce qu’il gère bien la situation. De cette manière, l’ordre et la justice commencent à être restaurés en Haïti. Aussi, cela démontre et rappelle aux autres organisations non-gouvernementales qu’elles doivent suivre les règles d’une manière appropriée. Dans l’ensemble, je suis d’accord avec ce que vous avez dit. Par contre, j’avoue ne pas apprécier l’emploi du mot «volé » entre guillemets. En écrivant ceci, vous démontrez la négation de la légitimité du gouvernement haïtien. Cela dénote que le gouvernement haïtien n’a pas la capacité de diriger son propre pays. Patricia Vargas, la directrice régionale du centre d’accueil de l’association SOS Children’s Village en Haïti a affirmé que la plupart des enfants avaient encore de la famille. Pourquoi envoyer des enfants pour être adoptés dans d’autres pays quand leur famille est vivante ? Pensez-vous que les Américains vont être poursuivis et qu’il aura des punitions pour eux ? Ou pensez-vous que les Haïtiens vont les libérer dans quelques mois ? Il faudrait que le gouvernement haïtien les punisse pour rassurer le peuple et restaurer sa propre légitimité comme pays souverain.

    Makhala Taylor-Dube
    Toronto
    makhala@yorku.ca

  • Jimenez Paloma - Inscrit 13 mars 2010 19 h 22

    Les baptistes voleurs d'enfants

    Je tiens à vous féliciter a propos de votre article sur les Américains qui ont été arrêtés pour le trafic d’enfants à Port-au-Prince (1er février). Je vous remercie sincèrement de nous tenir informés sur la situation actuelle en Haïti après le séisme du 12 janvier. Vous avez vraiment su capter mon attention en parlant des enfants Haïtiens. Dans des situations aussi catastrophiques que celle-ci, ces enfants sont les plus vulnérables. En ce qui concerne les moyens de sécurité entre Haïti et la République Dominicaine, je suis choquée d’apprendre que les autorités de la frontière ont arrêté le trafic d’enfants. Il est assez incroyable de voir qu’il y a quand même de l’ordre dans un tel chaos.

    Cependant, je suis déçue de voir la réaction des Américains que vous mentionnez dans votre article. C’est bien d’aider, mais pas à ce point. Il est navrant de penser que ces enfants auraient pu être séparés de leurs familles pour toujours. S’ils voulaient vraiment aider les orphelins qui ont perdu leurs parents lors du tremblement de terre, ils auraient pu faire ceci de manière légale ou avec de l’aide monétaire comme celle que nous offrons présentement. Les autorités du centre d’accueil à Croix-des-Bouquets, où se trouvaient des 33 enfants, devraient faire plus d’attention aux visiteurs.

    Je pense que ce qui est le plus choquant dans votre article, c’est la provenance et l’orientation religieuse des Américains qui ont tenté de «voler » ces enfants-là. Même si nous, les lecteurs, essayons de ne pas créer un préjugé envers ces Baptistes, membres d’une association caritative, il est impossible de ne pas penser que c’est ironique que des personnes (religieuses) voulant aider des orphelins aient fait ceci. Il ne faudrait pas créer des stéréotypes, ni mettre en relation les Baptistes et les « voleurs d’enfants ». Ne pensez-vous pas que cet événement pourrait nuire à leur réputation et à celle de tous les chrétiens dévoués fanatiquement à la religion ?

    Enfin, je suis très heureuse que ces enfants soient entre de bonnes mains et j’espère qu’ils rejoindront bientôt leurs familles. Il sera intéressant de voir comment on va punir ces Américains. De nouveau, je remercie votre journal pour cet article si intéressant.

    Paloma Jiménez
    Toronto, Ontario - Canada
    palomajimenez88@gmail.com