Hillary Clinton rassure les ONG

La secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, entourée du premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive, et de ses homologues canadien et français, Lawrence Cannon et Bernard Kouchner.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, entourée du premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive, et de ses homologues canadien et français, Lawrence Cannon et Bernard Kouchner.

Les organisations non gouvernementales (ONG) présentes en Haïti et des porte-parole de la diaspora haïtienne se sont dits rassurés par les propos des représentants des pays amis d'Haïti, dont, au premier chef, la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton. Ils voient d'un bon oeil l'assurance donnée hier à Montréal que le gouvernement haïtien sera aux commandes de la reconstruction et du développement du pays dévasté par le violent séisme du 12 janvier dernier. Mais les ONG garderont la communauté internationale à l'oeil.

«Ce changement de paradigme, de faire autrement, de ne pas répéter les erreurs du passé, est à mon sens porteur d'espoir», a lancé la présidente de la Jeune Chambre de commerce haïtienne de Montréal, Kerlande Mibel.

Représentant la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, le Québécois Conrad Sauvé estime que la rencontre d'hier «a permis de faire passer le message que l'aide doit être acheminée par une structure de coordination qui doit appartenir à l'État haïtien». «L'enjeu est énorme: l'État est affaibli, il faut le renforcer tout en s'engageant à respecter sa souveraineté. Là-dessus, on a eu une belle unanimité. Mais il faudra voir dans la pratique», a déclaré M. Sauvé.

D'autre part, il prévient que le sommet de Montréal ne changera rien ce matin dans le travail à faire sur le terrain. «Mais planifier le moyen terme est crucial», a-t-il dit.

Kerlande Mibel a jugé «louables» les grands principes — appropriation, coordination, durabilité, efficacité, inclusivité et responsabilité — qui guideront la communauté internationale dans la reconstruction et le développement d'Haïti, mais elle espère voir un «plan d'action» sous peu assorti de sommes d'argent.

La plupart des intervenants rencontrés hier par Le Devoir ont aussi qualifié l'exercice qui consistait à tracer un bilan le plus exhaustif qui soit de la situation en Haïti d'incontournable. «C'était important de faire le point. Il y a beaucoup d'acteurs sur le terrain et de choses qui s'y passent. On reçoit les informations au compte-gouttes», a dit la directrice de projet dans l'ONG spécialisée dans le microcrédit Fonkoze, Katleen Felix.

Monica Ricourt, conseillère d'arrondissement du district d'Ovide-Clermont de Montréal-Nord, s'est pour sa part réjouie que la communauté internationale parle désormais de «développement plutôt que de reconstruction». À cet égard, «la diaspora doit faire partie de cette démarche-là. On ne peut pas être que des observateurs», selon elle. Katleen Felix estime aussi que la communauté internationale doit prendre la diaspora haïtienne en considération lorsqu'elle fixera les priorités de son action sur l'île d'Hispaniola. «On pourrait contribuer. On a de quoi contribuer. Il faut qu'on nous reconnaisse comme un partenaire important», a-t-elle affirmé, avant de faire remarquer que la diaspora haïtienne transfère quelque deux milliards de dollars annuellement vers Haïti.

Michel Verret, directeur général par intérim d'Oxfam-Québec, a pu exprimer de vive voix à l'assemblée en matinée le souhait de l'organisme que «l'appui ne soit pas uniquement dans les zones touchées par le séisme, mais qu'il rejoigne aussi les régions les plus pauvres». Oxfam a aussi milité — à l'instar de nombreuses ONG — pour que les bâilleurs de fonds éliminent la dette d'Haïti ou octroient des subventions plutôt que des prêts.

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Avec la collaboration de Guillaume Bourgault-Côté
2 commentaires
  • art5 - Inscrit 26 janvier 2010 09 h 55

    ong hilary

    Quiconque a contribuer depuis des decennies a des oeuvres de charitees, des Ong, a travers certaines institutions gouvernementales et apres avoir vu les resultats lamentables de tout cette aide ne peut accepter que la construction du pays soit gerer par ceux qui n ont pu stopper l agonie de ce pays.

    C est aberrant.

    Il faut arreter d etre politiquement correcte et etre realistiquement correcte.

    Cette construion doit se faire avec et pour les Haitiens, le peuple Haitien, mais chapeaute par un organisme de confiance comme le FMI.

    Good governance, a Haiti n a presuqe jamais existe. Il faut preparer les resources humaines hatiennes pour arrivee le plus pres possible de cet objectif afin qu ils puissent eventuellement se prendre en main.

    Nos elites politiques, les notres, et celles d Haiti ont fait la preuve de leur irresponsabilitees en detournant nos argent, en la gaspillant etc. Aujourd hui, il faut que ca cesse et que un peu de serieux s instaure afin de guarantir le succes de ce grand projet.

  • art5 - Inscrit 26 janvier 2010 10 h 25

    ong

    Apres avoir vu un mere Hatienne qui travaillait dans une zone franche a un nombre d heures quotidiens indecent six jors par semaine pleurer a chaude larmes parce que malgre tous ses efforts elles ne reussissait meme pas s acheter les besoions de base pour sa famille. Apres avoir vu des Haitiens devoir manger des gallettes d argile, eh oui de la terre, pour assouvir leur faim. Apres avoir vu des enfants jouant dans des egouts,entoure de detritus de toutes sortes vivant dans des cabanes de cartons.

    Je crois que Mme Clinton, qui comme un peu tous les autres membres du panel ont ete force de revisiter ce pays par une catastrophe monstre, Mme Clinton n avait pas a reconforter les ONG mais les Haitiens.

    Sans oublier le sort passe et present du peuple Haitien notre pietre performance a les aider a s aider, est-ce ca prendrait un autre seisme de 7 a l echelle de Richter pour decouvrir un disaster de 10 dans la bande de Gaza.

    Je n ai pas honte mais suis revolte. C est ceux qui avec nos argents, ceux avec les gros egos et rien du reste, qui l ont gaspille avec les resultats que nous connaissons. Eux ils devraient avoir honte et se cacher.