Reconstruire Haïti - La conférence de Montréal est en branle

Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner en compagnie du ministre canadien Lawrence Cannon.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner en compagnie du ministre canadien Lawrence Cannon.

Le premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive, a plaidé ce matin à Montréal pour un soutien international qui dépasse la stricte aide humanitaire et permette la «relance du pays sur la voie du développement».

Dans un discours présenté en ouverture de la Conférence ministérielle préparatoire sur Haïti, qui se déroule toute la journée à Montréal, M. Bellerive a mis l'accent sur l'importance de ne «pas revenir au statu quo» qui prévalait avant la séisme destructeur du 12 janvier. Il faut plutôt profiter de l'occasion pour repenser Haïti, a-t-il dit en évoquant le besoin de décentraliser l'administration publique et de relocaliser une partie de la population ailleurs qu'à Port-au-Prince.

Castastrophe sans commune mesure

«Haïti a été victime d'une catastrophe sans commune mesure avec celle qu'elle a déjà vécu», a souligné le premier ministre. «Le pays a été touché viscéralement» par les pertes humaines et le «très dur coup» porté à l'État, a-t-il rappelé. Mais le choc passé, la conférence d'aujourd'hui doit servir à «regarder en avant», avance M. Bellerive, qui a réitéré l'importance de laisser l'État haïtien gérer la reconstruction: celle-ci doit ainsi être l'occasion d'une «reconquête de [la] souveraineté nationale».

Quelques minutes plutôt, le président de la rencontre, Lawrence Cannon, avait rappelé que la journée servira à trouver comment «répondre mieux aux besoins  à court terme», de même qu'à «s'engager dès maintenant pour l'aide à long terme», ce qui inclus de planifier tout de suite la date d'une rencontre internationale des pays donateurs (qui pourrait se tenir en mars ou en avril).

Une vingtaine de pays ou d'organismes forment le groupe de discussion de la rencontre. On note la présence d'Hillary Clinton (secrétaire d'État américaine), de Bernard Kouchner (ministre des Affaires étrangères français), et de leurs collègues de l'Argentine, du Brésil, du Chili, du Costa Rica, de l'Espagne, du Japon, du Mexique, du Pérou, de la République dominicaine, de l'Uruguay, ainsi que de représentants de l'Union européenne, de l'Organisation des États américains, des Nations unies et de la Caribbean Community (Caricom).

Ce matin, les participants discutaient de l'organisation des secours humanitaires. Ils devaient s'attarder cet après-midi à la «transition entre les besoins humanitaires et une vision stratégique à plus long terme».

Dix années de travail

Lors de son discours ce midi, le premier ministre Harper a affirmé que le monde doit se préparer à redoubler d’efforts pendant encore une décennie afin de remettre Haïti sur pied.

«Je n’exagère pas en disant que 10 années de dur travail nous attendent en Haïti», a-t-il dit. 

Et outre les problèmes de coordination de l’aide humanitaire sur le terrain, la communauté internationale devra s’assurer que toutes les ressources mises de l’avant pour aider le pays à se relever seront utilisées aussi efficacement que possible, a soutenu Stephen Harper, citant les travailleurs humanitaires, les véhicules déployés sur le terrain, et l’argent investi.


1 commentaire
  • Jacques Morissette - Abonné 25 janvier 2010 14 h 01

    Pour le peu que j'en sais.

    Par intuition, je verrais très bien monsieur Cannon comme Premier ministre du Canada. Il semble,entre autres choses, plus respectueux des règles de la démocratie. En même temps, il semble plus respectueux des institutions, et des gens qui orbitent autour de lui et des institutions.

    Enfin bref, monsieur Cannon semble avoir un esprit beaucoup plus chevaleresque que monsieur Harper. Je le vois aller dans le dossier Haïti. Il semble très bien faire son boulot. Il n'attend pas non plus, comme le fait souvent monsieur Harper, que la mèche brûle complètement avant de l'éteindre.