Retrouvailles émotives à Montréal

Des cérémonies religieuses pour les victimes du séisme et leurs proches ont été célébrées hier, comme ici à Montréal.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Des cérémonies religieuses pour les victimes du séisme et leurs proches ont été célébrées hier, comme ici à Montréal.

Alors qu'une trentaine de ressortissants canadiens se trouvaient toujours dans l'ambassade canadienne à Port-au-Prince où ils avaient trouvé refuge, des centaines de personnes étaient rapatriées vers Montréal. Épuisées, enveloppées dans des couvertures de la Croix-Rouge, elles arrivaient par vagues successives samedi et hier à l'Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau à bord d'avions des Forces canadiennes et d'Air Canada.

Les rapatriés se sont pour la plupart rendus dans un hôtel où des proches, anxieux, mais soulagés, les attendaient. «Quatorze des 725 passagers que l'on a reçus à ce jour étaient blessés gravement et ont été transportés dans différents hôpitaux de Montréal», a indiqué le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, hier.

Certains rescapés du séisme qui a dévasté mardi dernier la capitale haïtienne devaient se déplacer en fauteuil roulant, tandis que d'autres, la voix tremblante, racontaient les terribles événements des derniers jours. «C'était horrible», a dit Marie Jennot, qui rendait visite à des proches à Port-au-Prince au moment du tremblement de terre. «Il y a eu des choses que je n'avais jamais vues avant, que je ne pensais jamais voir un jour», a-t-elle ajouté.

Émotive, Mme Jennot s'est rappelé la terreur et le sentiment d'impuissance qui l'habitaient alors que les répliques sismiques secouaient la ville et que des gens demeuraient prisonniers dans leurs maisons effondrées. «Il n'y a aucun moyen de communiquer, il n'y a pas de téléphones, pas d'eau potable, pas d'électricité», a-t-elle déploré, ajoutant que l'aide internationale commençait à peine à arriver sur place.

Ian Jeudy, un étudiant montréalais au nombre des évacués rentrés samedi, a indiqué que ses parents étaient demeurés en Haïti pour prendre part aux opérations de secours. «Ils sont médecins, ils essaient d'aider les gens. S'ils peuvent faire quelque chose, ils vont essayer de le faire», a-t-il dit. «Tout est détruit dans le pays. Je suis vraiment reconnaissant envers les gens qui sont venus nous aider», a ajouté M. Jeudy.

Patrick Chevalier, qui est rentré au Canada en compagnie d'une centaine d'autres évacués hier matin, a dit s'inquiéter pour sa famille, qu'il a laissée derrière lui, et être hanté par les images de destructions qu'il a vues à Port-au-Prince. «Il y avait une école, pas très loin de ma maison, qui comptait huit étages. Après le tremblement de terre, l'école s'est écrasée au sol, et les débris s'élevaient à un mètre. Il y avait des élèves en dessous. Et après deux ou trois jours, vous commencez à sentir les corps», a-t-il relaté.

Un travailleur humanitaire, Lucien Francoeur, a confié que les évacués étaient sous le choc. Ils étaient soulagés d'être sains et saufs, mais anxieux pour les gens qui sont demeurés à Haïti. «Les passagers dans l'avion avaient l'impression de les abandonner à leur sort. Nous n'avions pas le choix. Nous devions revenir. Mais nous étions allés là-bas pour les aider.» Certains ont d'ailleurs fait le choix de rester sur place et d'aider autant que possible.

Des secouristes de la Canadian Search and Disaster Dogs Association se trouvaient aussi parmi les évacués rentrés au pays. «C'est probablement l'un des pires cas de dévastation qu'il nous ait été donné de voir», a affirmé Sylvie Montier, originaire d'Edmonton, qui a passé deux jours en Haïti. Par ailleurs, des cérémonies religieuses pour les victimes du séisme, leurs proches ont aussi été célébrées, notamment à Montréal.

1115 Canadiens manquent à l'appel

Quelque 1115 Canadiens sont toujours portés manquants en Haïti à la suite du violent séisme de mardi dernier, a fait savoir le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, hier.

Un bilan provisoire de son ministère faisait état de huit victimes canadiennes. Le corps du surintendant Douglas Coates, qui faisait partie d'un groupe de 82 policiers canadiens qui se trouvaient en Haïti dans le cadre de la mission des Nations unies pour la stabilisation du pays, a été retrouvé samedi sous les décombres du quartier général de l'ONU à Port-au-Prince.

Guillaume Siemiensky de l'Agence canadienne de développement international, Hélène Rivard, qui était consultante pour l'agence, ainsi qu'un enseignant en informatique au cégep de Drummondville, Denis Bellavance, ont aussi été retrouvés sans vie. Ils s'ajoutent à l'officier de la GRC, Mark Gallagher, à Georges Anglade et sa femme Mireille Neptune et à l'infirmière ontarienne, Yvonne Martin, qui ont également péri dans la catastrophe.

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D'après La Presse canadienne