Donnez généreusement, mais à des organisations reconnues

On ne se demande plus qui est sans abri, mais bien qui en a un.
Photo: Agence Reuters Joel Trimble On ne se demande plus qui est sans abri, mais bien qui en a un.

Le message transmis hier par les représentants de la communauté haïtienne, de concert avec des élus fédéraux, provinciaux et municipaux, est double, mais très clair. À ce stade, les Québécois qui souhaitent aider les sinistrés du tremblement de terre en Haïti doivent envoyer des dons en argent et les faire parvenir à la Croix-Rouge ou à d'autres organisations reconnues qui ont déjà des assises dans le pays fortement éprouvé.

Le député libéral de Viau à l'Assemblée nationale, Emmanuel Dubourg, a annoncé hier en conférence de presse la création par Québec d'une «cellule de crise» qui veillera pendant un mois à coordonner l'aide que les divers ordres de gouvernement, le monde associatif et la population voudront fournir à Haïti. «Nous ne souhaitons pas qu'il y ait des collectes de fonds à gauche et à droite», a-t-il dit dans une allusion à l'expérience chaotique vécue à la suite des ouragans qui avaient frappé la République antillaise en 2008.

Mais déjà hier, d'autres élus, diverses organisations et même des entreprises privées annonçaient leur intention de mettre eux aussi la main à la pâte. À Montréal-Nord par exemple, une «cellule de crise» a été formée, regroupant des membres du bureau du député fédéral Denis Coderre, de la députée provinciale Line Beauchamp et du bureau du maire de l'arrondissement, Gilles Deguire.

Tous cependant ont insisté pour dire que la meilleure façon d'aider les rescapés reste à ce stade-ci le don en argent. M. Coderre a résumé le sentiment général en conférence de presse. «Je vais être candide, ne videz pas vos garages. [...] Si vous voulez aider, faites des dons en ligne auprès des organisations reconnues.»

Le parrain du Centre d'étude et de coopération internationale (CECI), la plus importante ONG canadienne présente en Haïti, a pour sa part pressé les Québécois à se montrer vigilants... et généreux. «Tous les grands édifices construits selon les normes se sont effondrés, imaginez le reste», a lancé Luck Mervil en entrevue à RDI.

Les besoins seront énormes. Hans Van Dillen, coordonnateur à Médecins sans frontières (MSF) a confirmé hier que la capitale était démunie face à la catastrophe. La plupart des installations médicales se sont effondrées ou sont trop endommagées pour être utilisées. MSF a quand même réussi à installer des tentes pour pallier le plus pressant.

Même effervescence au sein de l'équipe de Médecins du monde, qui a l'avantage d'avoir une mission en République dominicaine et d'être présente à Cité Soleil depuis cinq ans. «On essaie de monter notre centre d'urgence. Ça va très bien, on a un certain contrôle sur le chaos», a raconté le président de Médecins du monde Canada, Nicolas Bergeron, sur les ondes de RDI.

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Avec la collaboration de Brian Myles