SOS Internet

La terre tremble et Internet s'agite et réagit. Les internautes se sont mobilisés dès après la catastrophe aux proportions bibliques. Depuis, le Web sert à exprimer la solidarité, à relayer des images, à stimuler les dons et à témoigner.

En fait, en raison des dégâts causés par le séisme sur les installations de télé ou de radio, Internet est devenu le média privilégié pour la transmission d'informations à partir de la République. Les communications téléphoniques traditionnelles sont coupées avec la partie haïtienne de la grande île. Les internautes ont utilisé des liaisons satellites.

La cousine de l'écrivain québécois Dany Laferrière, présent dans son pays d'origine, a pu informer qu'il va bien par l'entremise de son compte sur le réseau de microblogues Twitter. L'auteur se trouve à Port-au-Prince à l'occasion du festival de littérature Étonnants Voyageurs. Une cinquantaine d'écrivains venus des quatre coins du monde devaient assister à l'événement, dont Muriel Barbery, Serge Bramly ou Alain Mabanckou.

«Nous sommes sans nouvelles de la plupart des auteurs haïtiens, écrit l'organisation du festival sur son site. Seuls Dany Laferrière, Louis-Philippe Dalembert, Rodney Saint-Eloi déjà sur place, ainsi que Lyonel Trouillot et James Noël ont pu donner quelques nouvelles rassurantes.»

Les vidéos

Des vidéos circulent déjà sur YouTube, Dailymotion et iReport. Le site Usrteam.tv tente de couvrir les événements en temps réel.

Facebook est mis à contribution pour échanger des informations, des pensées. Les pages créées s'intitulent SOS Haïti, Un pour tous, Tous pour Haïti, Une pensée pour Haïti. Le groupe Haïti Earthquake réunit déjà plus de 10 000 membres. Certains ont affiché des photos de leurs proches pour réclamer de l'aide à ceux qui pourraient les croiser sur l'île des malheurs.

Le journaliste haïtien Carel Pedré a été l'un des premiers à livrer son témoignage. Très vite, l'animateur du Morning Show sur Radio 1 a été interviewé par les médias du monde entier, n'hésitant pas à laisser son numéro de téléphone sur son compte Twitter. Lors de son entrevue sur i-Télé, une énième réplique du séisme s'est même produite en direct.

Les vedettes s'activent avec les nouveaux médias. Par l'entremise de son compte Twitter, Wyclef Jean, ex-leader du groupe Fugees, multiplie les appels aux dons à son association Yéle Haiti.

Twitter a aussi permis de transmettre des textes et des photos qui ont vite été reprises par des médias, y compris Le Devoir, par l'entremise de l'Agence France-Presse, qui a récupéré les images de Carel Pedre.

Le photographe professionnel Daniel Morel, un des rares reporters étrangers présents, a lui aussi créé un compte Twitter, sur lequel il a diffusé les liens vers plusieurs photos manifestement prises sur les lieux du tremblement de terre, mais sans plus de précisions. Plusieurs sites francophones ont récupéré ce compte. Sur Twitpic, Lisandro Suero a également affiché de nombreuses images.

Fréquence radio

Mais il n'y a pas que les nouveaux médias qui s'agitent. La fédération cubaine des radioamateurs a activé une fréquence radio d'urgence pour témoigner des conséquences du séisme et pour planifier les mesures d'urgence. Les communications sont quasiment coupées sur l'île et le bon vieux système radio fait encore ses preuves de résistance aux pires conditions.

La fréquence radio (7045 kHz et 3720 kHz) est donc maintenant réservée aux radioamateurs haïtiens qui souhaiteraient l'utiliser comme moyen de communication vers l'extérieur, notamment en cas de répliques du séisme. Les sites Internet spécialisés, comme celui de l'International amateur radio union, ont relayé l'information. Les radioamateurs non haïtiens sont priés de ne pas utiliser cette fréquence, mais de l'écouter.

L'encyclopédie gratuite en ligne Wikipedia a ajusté ses pages concernant Haïti quelques heures après le séisme, avec plus de substance dans la version anglaise que française. Le site haiti.ushahidi.com propose une carte recensant des informations sur la catastrophe et ses conséquences. Cette mécanique virtuelle fusionne les informations colligées sur le terrain par des utilisateurs des nouveaux médias.