Haïti durement frappé

Cette photo transmise sur Twitter montre des habitants de Port-au-Prince affolés après le puissant tremblement de terre qui a frappé Haïti hier.
Photo: Agence France-Presse (photo) Cette photo transmise sur Twitter montre des habitants de Port-au-Prince affolés après le puissant tremblement de terre qui a frappé Haïti hier.

Un puissant séisme a frappé Haïti hier après-midi, et des milliers de personnes ont été ensevelies sous les décombres d'immeubles effondrés dans la capitale, Port-au-Prince. Les autorités craignaient des centaines de morts et de blessés.

Le tremblement de terre a également été ressenti à Pétionville, 12 kilomètres à l'est de Port-au-Prince, où de nombreux bâtiments ont été soufflés par le choc.

«Les morts seront comptés par centaines lorsqu'il sera possible de dresser un bilan», a déclaré un médecin, lui-même blessé au bras gauche et maculé de sang.

Ils étaient des milliers d'habitants à errer, parfois en pleurs, dans les rues dévastées de la ville, découvrant à chaque coin de rue de nouvelles images terrifiantes de désolation, a fait remarquer Clarens Renois, de l'AFP. Peu de temps après la secousse, la nuit est tombée sur la capitale haïtienne, plongeant ses rues dévastées dans un noir complet qui n'a fait qu'amplifier encore davantage la panique qui s'est emparée de la population, a-t-il ajouté.

«Le centre de Port-au-Prince est détruit, c'est une véritable catastrophe», a lâché Pierre, couvert de poussière et qui peinait à s'exprimer.

Un journaliste d'une télévision haïtienne, Haitipal, a rapporté que de nombreux bâtiments publics de la capitale, y compris le Palais national, les bâtiments du parlement ainsi que la cathédrale de Port-au-Prince ont été durement abîmés alors que d'autres ont été réduits en miettes.

De nombreux employés de l'ONU sont portés disparus à Haïti. Le quartier général de la Mission de stabilisation de l'ONU en Haïti, la MINUSTAH, s'est effondré en grande partie, a indiqué le chef du département des opérations de maintien de la paix à l'ONU, Alain Le Roy. «[Il] a subi de lourds dégâts, comme d'autres de ses installations.» Quelque 11 000 employés de l'ONU sont stationnés en Haïti.

Selon l'institut géologique américain (USGS), l'épicentre de la secousse était situé à environ 15 km à l'ouest de la capitale Port-au-Prince et à 8 km de profondeur. Une alerte au tsunami a aussitôt été émise pour l'ensemble de la région des Antilles, avant d'être levée dans la soirée.

Dans les minutes qui ont suivi la première secousse, une série de puissantes répliques ont été enregistrées, les deux principales d'une magnitude de 5,9 et 5,5, selon Don Blakeman, de l'USGS dans le Colorado. «Nous nous attendons à d'autres répliques, parce que c'est un séisme important et peu profond», a-t-il dit. Sara Fajardo, porte-parole de l'ONG Catholic Relief Service, a rapporté à la presse le récit que lui a fait Karel Zelenka, un collègue qui se trouve à Port-au-Prince. «Il nous a dit que c'était le chaos absolu, un désastre total, qu'il y avait des nuages de poussière sur Port-au-Prince», a-t-elle ajouté.

«Tout le monde est totalement terrifié et sous le choc», a pour sa part raconté Henry Bahn, du ministère américain de l'Agriculture. «Le ciel est gris de poussière.» Il marchait dans la rue quand la terre a tremblé: «J'ai continué à avancer et je rebondissais contre les murs. J'ai juste entendu énormément de bruit, et des cris».

Plusieurs sources rapportaient par ailleurs que les télécommunications étaient très perturbées.

Félix Augustin, le consul général d'Haïti à New York, a fait part de sa profonde inquiétude. «Les communications sont absolument impossibles, a-t-il déclaré. J'ai essayé de joindre mon ministère, et ça ne passe pas.»

Raymond Joseph, ambassadeur d'Haïti aux États-Unis, est parvenu à joindre brièvement l'entourage du président, René Préval. Son chef de cabinet, Fritz Longchamp, lui a raconté que «des immeubles s'effondraient de toute part» autour du Palais présidentiel.


De nombreux Canadiens en Haïti

Quelque 6000 Canadiens se trouveraient actuellement en Haïti. «Nous n'avons pas de confirmation de citoyens canadiens affectés par les événements», a fait savoir le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon.

Le directeur du Service de police de la Ville de Montréal, Yvan Delorme, et le maire de Montréal, Gérald Tremblay, ignoraient hier soir ce qu'il est advenu des 42 policiers en mission à Haïti. «Le téléphone ne fonctionne plus, Skype non plus, les courriels ne rentrent plus», a indiqué M. Delorme. Vingt-quatre policiers de la Sûreté du Québec sont aussi détachés en Haïti.

Des centaines de milliers de Québécois d'origine haïtienne attendaient dans l'angoisse des nouvelles de leurs proches hier soir, notamment à Montréal, alors que les communications avec le pays étaient coupées.

Le consulat général d'Haïti à Montréal a rassemblé son équipe pour une réunion d'urgence, en soirée. «C'est l'une des pires catastrophes que Haïti n'ait jamais connues. C'est épouvantable», a lancé Pierre-Richard Casimir à La Presse canadienne.

«Les Québécois sont solidaires avec vous dans ces moments très difficiles», a affirmé le premier ministre du Québec, Jean Charest, aux membres de la communauté haïtienne.

Le parrain du Centre d'étude et de coopération internationale (CECI), Luck Mervil, a quant à lui appelé à la solidarité de tous pour soutenir la population haïtienne «en proie au plus grand désarroi».

Le Canada est «profondément inquiet» et «est disposé à agir», a déclaré le chef de la diplomatie canadienne, répondant favorablement à l'appel du CECI. «Alors que les autorités évaluent les dommages et la possibilité que des Canadiens soient touchés, le Canada est prêt à fournir toute l'aide nécessaire à la population d'Haïti en cette période difficile», a ajouté le premier ministre du Canada, Stephen Harper.

Plusieurs autres pays ont également offert leur aide, dont les États-Unis, la France et le Venezuela.

Le tremblement de terre a aussi été ressenti de l'autre côté de la frontière, en République dominicaine, qui partage avec Haïti l'île d'Hispaniola. Il a déclenché la panique à Saint-Domingue, la capitale, où des habitants affolés ont fui les bâtiments en train de trembler.

Le séisme a aussi secoué Cuba, déclenchant la panique parmi les habitants de la partie orientale de la grande île caraïbe.

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Avec l'Associated Press, Reuters et l'AFP
3 commentaires
  • Gilles Bousquet - Inscrit 13 janvier 2010 07 h 44

    Notre armée canadienne, de l'Afghanistan à Haïti s.v.p.

    Faudrait sortir notre armée de l'Afghanistan et l'envoyer à Haïti avec des médecins, des tentes, des hôpitaux de campagne, de l'eau, du lait en bouteilles et tout ce que ça prends. Nos soldats en forme pourraient en profiter pour demeurer quelques semaines de plus pour faire de la plantation d'arbres et améliorer les infrastructures. Sky is the limit et plus encore, dans ce pays dévasté.

    Tuer des Talibans pourrait bien attendre un peu. On pourrait même leur demander s'ils seraient intéressés aussi, suite à une trêve, à aller aider, avec notre armée, les Haïtiens. On pourrait être surpris de leur réponse.

  • jacques noel - Inscrit 13 janvier 2010 07 h 47

    «Des centaines de milliers de Québécois d'origine haïtienne »

    Il y a 188,000 Noirs au Québec et tout et partout.
    Stats Can, en 2006, parlait de 90,000 Haitiens au Québec.

  • Vinet Jean-Paul - Inscrit 13 janvier 2010 08 h 57

    Quel tristesse

    Quand le mauvais sort s'acharne sur un peuple...

    Jean-Paul Vinet