Affaire de meurtre liée à une minière canadienne au Mexique

Mexico — Des employés d'une mine mexicaine qui appartient à la société canadienne Blackfire Exploration ont été interrogés par les autorités relativement au meurtre d'un homme qui militait contre l'extraction de baryte dans la région.

Un motocycliste a atteint Mariano Abarca Robledo de plusieurs projectiles vendredi dans la ville de Chicomuselo, près de la frontière du Guatemala, dans le sud du Mexique.

S'exprimant sous le couvert de l'anonymat, un porte-parole de Blackfire a indiqué que l'entreprise n'a rien à voir avec le crime. La compagnie a toutefois demandé à l'ambassade du Canada au Mexique d'intervenir après avoir appris que certains des employés de sa mine du Chiapas avaient été attaqués et battus en réaction au meurtre.

Une porte-parole de l'ambassade canadienne a ensuite affirmé que le Canada déplorait ce geste de violence, mais que l'enquête relevait des policiers mexicains.

Des collègues de M. Robledo ont expliqué mercredi qu'il craignait pour sa sécurité et qu'il aurait rapporté aux policiers avoir été menacé par des représentants de Blackfire.

Marie-Dominik Langlois, du Comité pour les droits de la personne en Amérique latine, un organisme montréalais qui surveille les pratiques ouvrières des entreprises minières canadiennes, estime que le meurtre illustre «la situation terrible» avec laquelle sont aux prises ceux qui militent pour les droits de la personne au Mexique.

L'État du Chiapas, dans le sud du Mexique, est ouvert à l'exploitation minière depuis une dizaine d'années. La majorité des concessions appartiennent à des entreprises canadiennes. Les résidants de la région s'inquiètent toutefois des répercussions environnementales de leurs activités.
2 commentaires
  • jean dely - Inscrit 3 décembre 2009 13 h 08

    lunettes en clin d'oeil

    L’histoire et la fin tragique de M. Robledo m’en rappelle une autre : celle du promoteur communautaire Angel Shingre qui engagé à informer les communautés autochtones d’Amazonie de leurs droits territoriaux devant l’expansion des projets d’exploitation pétrolière par des compagnies étrangères, est mort de façon identique, en Équateur cette fois, sous les balles de petits truands circulant à motocyclette. Je souhaitais rappeler son nom, Angel Shingre, parce qu’il est associé à un souvenir personnel, la rencontre de sa famille, collaborateurs et amis, apeurés dans leurs cabanes au fond des routes boueuses de l’Amazonie industrielle, peu après son assassinat. La nouvelle en 2003 avait fait l’objet des mêmes entrefilets dans les sections des faits divers, parfois à l’international, dans quelques journaux. Son impact s’avérait surtout considérable au niveau local puisqu’il servait d’avertissement à tout citoyen tenté de revendiquer un quelconque droit de survie (pour des raisons écologique, culturelle ou de simple justice) sur tout territoire convoité par des intérêts minéraux, pétroliers ou d’agro-business. Ces petites histoires isolées, dont on fait rarement la grande histoire, se jouent pourtant quotidiennement sur tout le continent latino-américain mais encore davantage dans les pays africains. Elles mettent en évidence l’étrange lorgnette qui nous permet de voir dans les pages économiques et politiques de nos journaux les accomplissements de compagnies nationales et internationales dans la « mise en valeur des ressources naturelles » du monde, et se referme pudiquement sur la situation des populations locales, systématiquement terrorisées et réduites au silence, survivant sur ces « territoires et marchés à conquérir ».

  • Marie-Dominik Langlois - Inscrite 3 décembre 2009 13 h 11

    Dénoncer l'assassinat de l'activiste environnemental au Mexique

    Le Comité pour les droits humains en Amérique latine invite la population québécoise et canadienne à envoyer ses préoccupations au gouvernement mexicain suite à l'assassinat du défenseur environnemental, Mariano Abarca.

    Comme CanadienNEs, il importe que nous nous solidarisions avec la population mexicaine qui subit les violences et les conséquences environnementales causées par des entreprises minières canadiennes.

    Un modèle de lettre est disponible à ce lien :
    http://cdhal.org/fr/actions/2009/12/02/assassinat-

    Un rassemblement devant le consulat mexicain (2055, rue Peel, coin Maisonneuve) est prévu le 10 décembre à 12 h pour souligner la Journée internationale des droits humains et démontrer notre indignation et solidarité face à l'assassinat impuni de M. Abarca.

    Plus d'info à venir à www.cdhal.org