Les sandinistes fêtent les 30 ans de leur victoire

Managua — Le président du Nicaragua Daniel Ortega a fêté hier devant des milliers de partisans les 30 ans de la révolution du Front sandiniste de libération nationale (FSLN), arrivé au pouvoir par les armes en 1979 et avec lequel il a été réélu en novembre 2006.

M. Ortega était entouré de ses alliés de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (Alba), le Venezuela, représenté par son ministre des Affaires étrangères, Nicolas Maduro, et Cuba, par son vice-président, Esteban Lazo, et par la lauréate du prix Nobel de la paix, Rigoberta Menchu.

La cérémonie réunissait en outre des délégations d'organisations de gauche de plus de vingt pays, dont le Chili, le Guatemala, le Mexique et le Salvador.

L'anniversaire de la révolution sandiniste a donné l'occasion aux participants d'exprimer leur soutien à leur allié Manuel Zelaya, le président du Honduras renversé par un coup d'État le 28 juin, et qui avait fait adhérer son pays à l'Alba.

La ministre des Affaires étrangères de M. Zelaya, Patricia Rodas, a déclaré que «le délai se terminait» pour que le gouvernement de facto se plie aux «résolutions» des organisations internationales qui demandent le retour au pouvoir du président destitué.

Le vice-président cubain a demandé «au gouvernement des États-Unis qu'il cesse son intervention et qu'il arrête de fournir un soutien militaire aux putschistes et qu'il retire ses effectifs du Honduras».

«Le président Zelaya doit être rétabli dans ses fonctions, comme l'ont demandé l'Organisation des États américains et d'autres organisations internationales», a ajouté M. Lazo, qui représentait le président Raul Castro aux festivités.

Les États-Unis ont une base aérienne militaire au Honduras, mais Washington a annoncé la suspension de son aide militaire aux nouvelles autorités de Tegucigalpa après la destitution par la force de M. Zelaya le 28 juin.

Cet anniversaire s'est déroulé en l'absence remarquée de plusieurs dirigeants du «gouvernement de reconstruction nationale» formé par la guérilla sandiniste après avoir renversé le dictateur Anastasio Somoza en juillet 1979, et qui sont maintenant éloignés du FSLN.