Le Panama vire à droite

Largement favori dans les sondages, le milliardaire panaméen Ricardo Martinelli est devenu hier le nouveau président de ce pays où transite 5 % du commerce mondial.
Photo: Agence France-Presse (photo) Largement favori dans les sondages, le milliardaire panaméen Ricardo Martinelli est devenu hier le nouveau président de ce pays où transite 5 % du commerce mondial.

Panama — Le candidat conservateur, le milliardaire Ricardo Martinelli, a été proclamé vainqueur de l'élection présidentielle au Panama, hier soir, par le Tribunal électoral.

Martinelli était crédité de 59,74% des voix. Sa rivale Balbina Herrera, du Parti révolutionnaire démocratique (gauche), recueillait quant à elle 37,73%. Cette victoire était attendue: Ricardo Martinelli était donné largement favori par les sondages. Il s'agit ainsi d'un virage à droite pour ce pays, petit mais stratégique. Environ 5% du commerce mondial y transite.

En dépit de sa popularité, le président sortant, le social-démocrate Martin Torijos (56,6% des opinions positives) qui a notamment lancé des travaux d'élargissement du canal de Panama en 2007, n'a pas su garder les électeurs dans le giron de la gauche.

Les politologues estiment que la préférence marquée du candidat de droite est liée à l'inégalité des revenus que les sociaux-démocrates n'ont pas comblée dans ce pays de 3,3 millions d'habitants, où la croissance atteindra en 2009 entre 3 et 5 % du PIB, en grande partie grâce aux travaux entrepris sur le canal, un investissement de 5,2 milliards de dollars.

En dépit de cette croissance, 28,6% de la population vivent encore sous le seuil de pauvreté et 11,7% dans un état d'extrême pauvreté.

Martinelli est un homme d'affaires qui a reçu une éducation aux États-Unis et possède la chaîne de supermarchés Super 99, qui domine la grande distribution au Panama. Il a l'intention, s'il l'emporte, de construire des ports, de grands axes routiers. Il souhaite en outre attirer les investisseurs étrangers en allégeant la fiscalité les concernant.

Herrera, âgée de 54 ans, a un passé de militante anti-américaine et ses liens anciens avec Manuel Noriega, qui fut l'homme fort du pays jusqu'à l'invasion américaine de 1989, éloignent d'elle une partie de l'électorat.

Noriega, qui est en prison aux États-Unis pour trafic de drogue et blanchiment d'argent, affirme qu'il s'était caché dans la résidence de Herrera alors qu'il était en fuite, après l'invasion américaine de la fin 1989.

Le troisième candidat en lice était l'ancien président Guillermo Endara, âgé de 71 ans, loin dans les sondages.

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