Accord en vue en Bolivie

La Paz — Le parlement bolivien, après des jours de blocage, se rapprochait hier d'un accord sur une loi électorale, et donc d'une fin de bras de fer politique qui permettrait l'arrêt de la grève de la faim du président Evo Morales, en forme au 5e jour de jeûne.

Le chef de l'État, pour marquer le Jour de l'enfance, a reçu des enfants à déjeuner au Palais présidentiel, d'où il observe sa grève de la faim, mais il n'a lui-même rien mangé. Il suit son jeûne avec un régime de liquides et de feuilles de coca, dont la mastication aide à combattre la faim.

«L'état du président est stable, nous effectuons trois contrôles médicaux par jour», a déclaré à la presse le ministre de la Santé et médecin Ramiro Tapia, chargé de suivre la santé du chef de l'État.

Au parlement, les législateurs de la majorité et de l'opposition se sont mis d'accord sur des aspects «névralgiques» qui faisaient obstacle à l'adoption d'un projet de loi électorale, pour régir les scrutins présidentiel et législatif du 6 décembre, selon un député d'opposition.

Les parlementaires ont convenu d'un nouveau registre électoral actualisé et biométrique, avec empreintes digitales, qui sera utilisé pour la première fois. C'était une demande-clef de l'opposition de droite, qui juge l'actuel registre truffé d'irrégularités et veut des garanties de transparence.

L'examen des 84 articles de la loi électorale se poursuivait hier en commission de concertation majorité-opposition, et une séance plénière devrait être convoquée pour adoption de la loi électorale, sitôt un texte consensuel rédigé.

L'adoption signifierait que le chef de l'État n'a plus guère de raison pour continuer sa grève de la faim. Il l'avait lancée jeudi, accompagné de 14 dirigeants syndicaux pour faire pression sur le parlement afin d'accélérer l'adoption de la loi. Selon des décomptes officiels, quelque 1600 personnes à travers le pays observent aussi des grèves de la faim en solidarité avec Morales.

À voir en vidéo