Libre-échange et droits humains - SOS Colombie pousse un cri d'alarme

La Coalition SOS Colombie se mobilise pour tenter de convaincre le Parlement fédéral de ne pas ratifier l'accord de libre-échange canado-colombien, négocié par les gouvernements de Stephen Harper et Alvaro Uribe. La coalition de syndicats et d'organisations de défense des droits humains, dont une cinquantaine de membres ont tenu une manifestation hier devant le complexe Guy Favreau, à Montréal, estime qu'il s'agit moins d'une entente de «libre-échange» que d'un «buffet ouvert de matières premières» destiné à protéger les intérêts commerciaux canadiens en Colombie, qui sont surtout miniers.

Ainsi, l'accord signé en novembre dernier est si inadéquat en matière de protection de l'environnement et des droits des travailleurs, soutient la Coalition, que sa ratification équivaudrait à un «permis d'agissements criminels» pour les compagnies minières canadiennes qui sont en Colombie.

Les députés fédéraux ont jusqu'au 11 mai pour se prononcer sur l'entente commerciale. Bloquistes et néodémocrates sont opposés à l'accord. Les libéraux, qui réclament des modifications substantielles, sont plus ambivalents. Que conservateurs et libéraux ratifient l'entente, estiment ses détracteurs, et ils se trouveront à cautionner les violations incessantes des droits humains auxquelles se livre le gouvernement colombien «en toute impunité». SOS Colombie rappelle que, sous la politique dite de «sécurité démocratique» du président Uribe, les violations des droits humains et les assassinats d'activistes se sont multipliés. Depuis l'arrivée au pouvoir d'Uribe, en 2002, la violence politique a fait plus de 13 500 morts. Les syndicalistes sont particulièrement visés.

La semaine dernière, une quinzaine de députés et de sénateurs colombiens de l'opposition ont, de leur côté, envoyé une lettre aux membres du Comité permanent du commerce international des Communes, les exhortant à faire obstacle à l'accord de libre-échange. Uribe, dit la lettre, «ne passe pas l'examen des droits humains»: l'accord se trouverait à lui donner l'absolution.

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