Le Salvador bascule à gauche

Après avoir remporté les élections législatives du mois de janvier dernier, les ex-guérilleros du front Farabundo Martí de libération nationale (FMLN, gauche) ont décroché dimanche la présidence de la République d'El Salvador avec près de 51,3% des suffrages. Le candidat du FMLN, l'ex-journaliste de télévision Carlos Mauricio Funes, met ainsi fin à 20 années de pouvoir de la droite et de l'extrême droite, regroupées au sein de l'Alliance républicaine nationaliste (Arena) dans ce petit pays d'Amérique centrale ravagé jusqu'en 1992 par une terrible guerre civile qui a fait quelque 75 000 morts.

«Je suis le président de tous les Salvadoriens», a immédiatement déclaré Funes qui prendra ses fonctions le 1er juin prochain. Son adversaire de l'Arena, l'ex-chef de la police Rodrigo Avila, a reconnu sa défaite. Mauricio Funes, 49 ans, a exercé ses fonctions de journaliste jusqu'à son investiture à la candidature, en septembre 2007. Membre fondateur, en 1991, du Centre audiovisuel de l'université centraméricaine (UCA), il est vite devenu le présentateur vedette d'émissions politiques dans différentes chaînes de télévisions locales avant de devenir le correspondant de la chaîne américaine CNN en espagnol. Dans le cadre de l'interview du jour qu'il a animé durant 14 ans sur la chaîne nationale salvadorienne Canal 12, Funes a su braver les autorités de son pays en donnant, en plein conflit armé, la parole aussi bien aux officiels qu'aux guérilleros. Il a par ailleurs reçu dans ses programmes des personnalités comme l'ex-premier ministre espagnol Felipe Gonzalez, le dirigeant cubain Fidel Castro, le président vénézuélien Hugo.

Durant la campagne électorale, Funes avait prudemment assuré que, s'il était élu, le Salvador resterait un allié convaincu des États-Unis et non un «satellite» des autres forces de gauche de la région comme le craint Washington. Son vice-président, l'ex-commandant guérillero Salvador Sánchez Cerén, pourrait avoir un point de vue sensiblement divergent.

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